LA CHANCELIÈRE ALLEMANDE, ANGELA MERKEL, DEMAIN À ALGER

Promesses d'une visite

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Le secrétaire général du FLN est monté au créneau, hier, pour mettre en exergue le caractère stratégique de la visite de Merkel à Alger.

Traditionnellement discrète, mais très efficace, la diplomatie économique allemande sera à la manoeuvre demain à Alger à l'occasion de la visite de la chancelière, Angéla Merkel. S'il est entendu que les deux chefs d'Etat, algérien et allemand, aborderont des questions d'ordre politique et géostratégique, lors de leur entrevue, les aspects du partenariat bilatéral constitueront l'un des sujets phares de cette visite. Pour l'histoire, il y a lieu de noter que le président Bouteflika est le premier chef d'Etat algérien à avoir effectué une visite officielle en Allemagne en 2001. En 2007, c'est le président fédéral Köhler qui est venu en Algérie, ensuite, en juillet 2008, c'est au tour de la chancelière Angela Merkel.Leader incontestable en Europe et à l'échelle mondiale, l'Allemagne ne brille qu'à travers la puissance de son économie. L'Algérie qui n'a aucun contentieux avec ce géant européen, hormis une simple question de reconduction d'immigrés clandestins algériens vers leur pays d'origine, en voie de règlement, a pris conscience depuis plusieurs années de l'apport exceptionnel que peut apporter l'Allemagne à l'économie nationale. L'important contrat signé entre le groupe Volkswagen et son partenaire algérien Sovac témoigne des attentes de l'Algérie en matière de développement d'une industrie automobile en s'appuyant sur l'expertise et le savoir-faire allemand. Mais ci, l'exemple de la filière mécanique est le plus visible dans le partenariat entre les deux pays, le spectre de ce qui se fait par les Allemands en Algérie est assez large. Plus de 200 opérateurs germaniques opèrent de manière régulière sur le tissu économique local et les investissements qu'ils y injectent, même modestes, mettent l'Algérie en bonne place sur la liste des pays africains sur lesquels l'Allemagne compte. Il faut savoir en effet que sur les 10 milliards de dollars d'investissements allemands sur le continent, chaque année, 89% sont injecté dans trois pays, que sont l'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Algérie. La valeur de l'engagement financier allemand en Afrique reste modeste, pour la simple raison que l'essentiel de l'effort consenti par le géant européen était destiné à l'Europe de l'Est. Etape jugée certainement nécessaire par Berlin, les pays de l'Est sortent peu à peu des priorités, pour être graduellement remplacés par l'Afrique. Actuellement en phase de s'imposer comme la prochaine zone de croissance de l'économie mondiale, le continent noir attire les convoitises de toutes les puissances économiques de la planète. L'Allemagne ne veut objectivement pas être en reste dans cette dynamique et l'Algérie est tout aussi objectivement l'une des destinations les plus prometteuses. L'équation n'a, pour ainsi dire, pas d'inconnue et les deux pays ont toutes les raisons de construire des partenariats gagnant-gagnant à tous les niveaux. A ce propos, la visite de Mme Merkel vient consolider une coopération multiforme qui, disent les responsables algériens et allemands, brasse un large éventail de secteurs.
La récente visite du ministre de l'Intérieur, à Berlin, en décembre 2017, illustre cet état de fait. Nouredine Bedoui y a visité le centre du ministère fédéral de l'Intérieur allemand, qui recense et centralise toutes les informations à caractère sécuritaire de la République fédérale d'Allemagne. Sa mission consiste à gérer les crises internes qui peuvent survenir (attentats terroristes, catastrophes naturelles, accidents graves, prises d'otages...). D'autres niveaux de coopération existent entre les deux pays et se développent dans la discrétion et visiblement loin des «chiffres record».
Il reste que malgré l'apparente «complicité» algéro-allemande, il subsiste un fond de frustration, régulièrement exprimée par les opérateurs économiques algériens quelque peu déçus d'une relative frilosité de leurs collègues germaniques. Durant les cinq dernières années, une quinzaine de projets industriels d'un montant global de près de 220 millions de dollars ont été concrétisés en Algérie avec des partenaires allemands. Il s'agit de projets portant essentiellement sur la fabrication de boîtes de vitesses, d'appareils de manutention, de matériaux de construction (plâtre et dérivés) et du gaz comprimé. Ces appréhensions seront-elles levées à l'occasion du forum d'affaires prévu dans les tout prochains jours? On ne peut jurer de rien.En attendant, c'est le secrétaire général du FLN qui est monté au créneau, hier, pour mettre en exergue le caractère stratégique de la présence de Merkel à Alger. «Cette visite est extrêmement importante pour notre pays. Elle traduit la profondeur des relations entre les deux pays depuis notre indépendance en 1962», a affirmé Djamel Ould Abbès, cité par TSA Arabi. Relevant que «l'Algérie est l'un des principaux clients de l'Allemagne», le secrétaire général du FLN a souligné la «rareté» des visites de Merkel en Afrique et fait remarquer que «sa visite et sa rencontre avec le président Abdelaziz Bouteflika méritent d'être valorisées parce qu'elles montrent l'importance des relations entre les deux pays». L'intérêt que porte le premier parti du pays à cette visite, traduit certainement son importance au double plan économique et politique.