Les 10 raisons de l'instabilité

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Les raisons géostratégiques, la prédominance du dollar dans les échanges internationaux, les rivalités américano-européennes et américano-chinoise, l'entente hors Opep entre l'Arabie saoudite et la Russie, la crainte de tensions politiques internes en Arabie saoudite, les fluctuations des stocks américains et chinois. Ce sont là autant de bonne raisons qui peuvent agir dans un sens ou dans l'autre, sur les variation des cours de l'or noir. Partant de cette «grappe» d'indices, il existe deux scénarios extrêmes. En cas de crise équivalente à celle de 2008, le cours du pétrole risque de retomber à moins de 60 dollars. En cas où les grands producteurs ne combleraient pas la production iranienne, le cours pourrait franchir la barre des 80 dollars, ce prix échappant totalement aux fondamentaux économiques. Il ne faut pas être utopique, la 10e réunion du Comité ministériel conjoint de l'Opep et non Opep (Jmmc) celui-ci étant composé de quatre pays membres de l'Opep (Algérie, Arabie saoudite, Koweït et Venezuela) et de deux pays non membres de l'Opep (Russie et Oman), n'influera pas sur le cours, les tensions géostratégiques actuelles étant déterminantes. Pour l'Algérie, en ce mois de fin septembre 2018, Sonatrach c'est l'Algérie et l'Algérie c'est Sonatrach et encore pour bien longtemps procurant directement et indirectement 98% des recettes en devises du pays, facteur principal de la dépense publique qui détermine le taux de croissance, le taux de chômage, le niveau des réserves de changes et l'audience internationale tant politique qu'économique. Cette réunion ne concerne pas le prix de cession du gaz. Il faut savoir que les recettes de Sonatrach sont représentées à environ 33% par le gaz dont le prix de cession sur le marché libre est coté le 19 septembre 2018 seulement à 2,93 dollars le MBTU, soit une baisse de plus de 40% par rapport à 2010, alors que l'investissement dans le gaz est très capitalistique et à rentabilité à moyen et long terme. Qu'en sera-t-il des nouvelles négociations lorsque les contrats dans leur majorité arriveront à expiration fin 2019? Toutefois, une satisfaction de court terme pour l'Algérie suite à une conjoncture favorable pour 2018. La loi de finances a été établie à 50 dollars le baril. Pour un cours moyen de 70 dollars durant toute l'année, cela occasionnerait environ un gain de 12 milliards de dollars par rapport à ce plafond, ce qui limiterait le recours important au financement non conventionnel dont le montant s'est établi à 3 585 milliards de dinars jusqu'au 31 mai 2018. Mais attention aux dérives car contrairement aux discours démagogiques, cela a un effet inflationniste, lorsque ces montants ne sont pas destinés aux segments non créateurs de valeur ajoutée dans le cadre des valeurs internationales. C'est une loi universelle et l'expérience récente la plus vivante est celle de la faillite vénézuélienne, premières réserves pétrolières au monde, près de 300 milliards de barils contre 10/12 pour l'Algérie. Des expériences à méditer pour l'Algérie. Comme le montrent les expériences également de bon nombre de pays d'Afrique, les ressources naturelles n'ont pas fait leur développement.