TIZI OUZOU

Aït Imghour honore ses martyrs

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Une stèle commémorative portant le nom des sept martyrs, fusillés par l'armée française un certain 9 octobre 1958, a été inaugurée en présence du P/APC de Mechtras et de la famille révolutionnaire.

L'histoire se rafraîchit. Un bel hommage a été rendu à la mémoire des sept martyrs de la Révolution nationale, fusillés par l'armée française un certain 9 octobre 1958, au lieudit «Anar Oqaru» au village d'Aït Imghour, commune de Mechtras dans la wilaya de Tizi Ouzou.
Une stèle commémorative portant le nom des sept martyrs a été inaugurée mardi dernier en présence du P/APC de Mechtras et de la famille révolutionnaire pour rappeler à tout le monde le drame qui s'était produit. Ce jour-là, la commune de Mechtras a payé un lourd tribut en perdant 27 combattants pour la Libération nationale.
Un moment fort en émotion et en souvenirs. Des témoignages de personnes qui ont assisté à ce carnage ont été rapportés. «J'ai eu la chair de poule en assistant aujourd'hui à cette cérémonie, l'image des moudjahidine fusillés sous nos yeux et devant leurs proches est encore vivante dans ma mémoire», témoigne Na El Djouhar, soeur d'un chahid.
En retraçant les faits, cette veuve comme la plupart des présents, avait des larmes aux yeux.
Malgré le poids des années, ce jour est resté gravé dans la mémoire des habitants du village. Ce jour-là un miracle s'est produit. «Choqué par la scène, mon frère qui est muet a parlé pour la première fois depuis trente ans», témoigne Mohamed Benakli qui a perdu trois membres de sa famille. Un fait raconté de père en fils. Plongé dans ses douloureux souvenirs, ce vieux sage du village a retracé la scène.
«Après la fusillade, le capitaine Boss s'est adressé à mon père en lui demandant êtes-vous content, monsieur Benakli, de cette scène?» et la réponse de mon père avait été très frappante en lui disant avec sagesse et courage «mon capitaine on appelle ça la loi de la guerre», a-t-il attesté devant une foule nombreuse venue des quatre coins du village pour assister à cette cérémonie.
Cette initiative a servi également de leçon d'histoire pour la nouvelle génération qui a pu s'imprégner du courage et du sacrifice de ses aïeux.
Des champs patriotiques ont été diffusés et une minute de silence a été observée à la mémoire de ces braves hommes qui ont sacrifié leur vie pour que l'Algérie soit libre et indépendante. Des attestations ont été remises aux proches des martyrs.
L'initiative a été organisée, faut-il le souligner, par le comité de village 1ère fraction Djamma Bohgni, d'Aït Imghour, dit tadjmaâth. L'événement a été même couvert par la télévision algérienne A3 et berbère TV.
L'on rappelle que cette louable initiative n'est pas la première du genre. Le comité a déjà organisé une waâda» à l'occasion du transfert des ossements des martyrs au cimetière du village en novembre dernier.
Ce comité a pris l'initiative seul et n'a pas attendu une action des officiels pour honorer la mémoire de ses valeureux martyrs.
Des actions qui méritent d'être saluées.