SAHARA OCCIDENTAL

Chronologie d'une injustice historique

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Aucun texte officiel n'atteste une reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental au moment de la colonisation espagnole. Malgré ces faits historiques, le Sahara reste colonisé.

Le Sahara occidental est la dernière relique du colonialisme dans le continent africain. Il s'agit là d'une plaie qui saigne depuis déjà plus de quatre décennies. Avec le problème palestinien, le Sahara occidental constitue l'une des deux questions politiques d'ordre international les plus stagnantes depuis longtemps. Dans les deux cas, les murs persistent. Dans les deux cas, des populations entières sont déplacées et restent réfugiées. Il s'agit d'une violation flagrante des droits de l'homme, d'une terre spoliée, une liberté confisquée et une Histoire que l'on cherche à falsifier. Mais l'histoire ne se refait pas. Et c'est l'histoire qui révèle qu'avant la colonisation du Sahara occidental, ce territoire du nord-ouest de l'Afrique, était historiquement habité par une société de nomades du désert. Lorsqu'en 1884 l'Espagne a commencé à coloniser cette région, elle a dû faire face à une forte résistance des populations sahraouies et à la fin du XIXe siècle, le sud du Maroc était toujours zone insoumise au pouvoir royal espagnol. En 1963, les Nations unies ont mis le Sahara occidental sur la liste des pays à décoloniser, affirmant le droit des Sahraouis à l'autodétermination. En 1966, elles adoptaient une résolution, la première d'une série, appelant à l'autodétermination au travers d'un référendum. En même temps, des organisations sahraouies faisant pression pour l'indépendance dans les années 1960 et au début des années 1970, tout ceci a conduit à la création du Front Polisario en 1973 et au début de la lutte armée.
L'année suivante, l'Espagne annonçait son intention de tenir un référendum en 1975, avant de le surseoir suite à la requête du roi Hassan II du Maroc. Un débat général à l'ONU sur la question du Sahara est organisé qui va se terminer au niveau de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye. Et dans son arrêt, la CIJ a réaffirmé les droits des Sahraouis à l'autodétermination tout en démontant la légitimité revendiquée par le Maroc. Le roi Hassan II, faut-il le rappeler, avait présenté un traité anglo-marocain datant de 1895 à la Cour internationale pour étayer sa revendication de souveraineté. Cependant, la Cour de justice a stipulé que la correspondance diplomatique britannique de l'époque a indiqué à plusieurs reprises que la région ne fait pas partie du Maroc. La CIJ a même appuyé son arrêté en rappelant la convention franco-espagnole de 1904 qui stipulait que l'Espagne possédait une liberté d'action sur les territoires sahraouis «qui sont en dehors des limites du Maroc». Autrement dit, aucun texte officiel de l'époque n'atteste une reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental au moment de la colonisation espagnole. Malgré ces faits historiques, le roi Hassan II décide d'organiser sa marche pacifique appelée la «Marche verte» où environ 350 000 personnes partent du Maroc et entrent sur le territoire qu'il considère comme les «Provinces du Sud». C'est suite à ce forcing que l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie ont signé, le 14 novembre 1975 à Madrid un accord tripartite sur l'avenir du Sahara occidental qui officialise le partage dans la violation totale de la résolution onusienne et la décision de La Haye: le Maroc obtient les deux tiers, la Mauritanie, le tiers restant du territoire sahraoui.
Le Front Polisario est totalement ignoré! Après cette entourloupe, le Front Polisario décide de prendre sa destinée en main et commence sa lutte pour l'indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qu'il créa en 1976. Un Etat, officiellement reconnu par l'OUA (Organisation de l'Unité africaine) en 1984 après son admission en son sein comme 51ème membre. Des traités de paix, des résolutions, des négociations interminables sont depuis menés sur le plan international, mais sans que le Sahara occidental ne retrouve son indépendance ni même qu'il ne soit accordé à son peuple le droit à l'autodétermination. Seule vérité aujourd'hui est celle vécue par les Sahraouis restés sur leurs terres ancestrales. Ces derniers sont quotidiennement confrontés aux violentes répressions des forces d'occupation marocaines. Ils se meurent à petit feu au moment où les politiques, eux et pendant plus de 40 ans n'arrivent toujours pas à faire appliquer le droit international. N'est-ce pas là de la mauvaise volonté?