YENNAYER 2969 À BÉJAÏA

Officielle et populaire!

Par
image

Jamais dans l'histoire, la célébration du jour de l'An berbère n'a suscité autant d'intérêt, aussi bien du côté officiel que populaire.

Fini le temps des marches de revendications. Place à la réappropriation des valeurs d'une date qui unit toutes les populations de l'Afrique du Nord. A Béjaïa, la célébration de Yennayer 2969 aura été exceptionnelle à plus d'un titre. Quelque peu gâchées par les intempéries qui se sont invitées ce week-end, les festivités officielles ont été marquées par un programme diversifié, dont le grand défilé de la Garde républicaine, qui s'ébranlera du stade de l'Unité maghrébine jusqu'au siège de la wilaya, avant d'être reporté à dimanche en raison du mauvais temps.
La fanfare de la Protection civile, des troupes folkloriques, de différentes régions du pays seront de la partie. Dans les établissements de jeunes, en plus d'un concours d'art culinaire et des conférences, des manifestations sportives de différentes disciplines ont été au menu, dont un tournoi national de jeux d'échecs au château de la Comtesse, à Aokas. Les villes et villages de la wilaya sont au rendez-vous pour la préservation du patrimoine matériel et immatériel du pays, et la mise en valeur de son histoire millénaire. Les festivités du Nouvel An berbère 2969 ont été marquées, cette année par l'organisation d'un Colloque international sur la fête de Yennayer sous le thème «Yennayer, histoire et patrimoine». OEuvre du comité citoyen, cet évènement scientifique, ouvert hier, a vu la participation de conférenciers chercheurs et universitaires, issus de plusieurs pays, dont l'Algérie, la Tunisie, la Libye, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mali. Des conférences sur des thématiques liées à la culture et à la civilisation amazighes seront données à la bibliothèque municipale, par le doyen de la faculté de Tunis, le professeur Mahmoud Guettat, avec comme thème «L'empreinte amazighe dans l'héritage musical tunisien». Sedego Vincent, directeur général du patrimoine au Burkina Faso, interviendra aussi sur le thème «Préservation des valeurs culturelles». Le professeur libyen Ibrahim Chawki Moammer, spécialiste de l'histoire ancienne de la Libye, s'est étalé sur la «Relation entre les arts et le patrimoine humain: de la préhistoire au temps moderne». Plusieurs orateurs nationaux, à l'instar du professeur Mustapha Tidjet, directeur du centre national de la recherche de la langue et civilisation amazighes, le docteur Allaoua Rabhi, enseignant de tamazight à l'université de Béjaïa développeront aujourd'hui la réalité de l'enseignement de tamazight en Algérie, les avancées réalisées et les défis. Ce colloque sera couronné demain par une table ronde à huis clos, entre l'ensemble des conférenciers, en vue de la rédaction des actes de ce colloque à publier prochainement. Une revue et des supports audiovisuels, qui reviendront sur le déroulement de cet évènement scientifique, sont également dans le projet du comité citoyen Yennayer 2969 avec l'organisation de plusieurs expositions, des ateliers sur les arts plastiques, l'artisanat, la peinture et dessins pour enfants, les objets traditionnels, les plats et gâteaux traditionnels, ainsi qu'une exposition sur les fresques murales.