ANNABA

Un médecin anesthésiste condamné pour négligence

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L'affaire examinée par le tribunal correctionnel de Annaba, implique trois mis en cause, dans le décès d'une patiente, un médecin chirurgien, un médecin anesthésiste et un administrateur, d'une clinique à Annaba. L'affaire remonte à l'hiver dernier, lorsqu'une femme décède, après avoir été opérée de la vésicule biliaire. Selon la partie civile et le rapport du médecin légiste, la victime a fait l'objet d'une négligence, de la part du médecin anesthésiste. Celui-ci, qui, aux termes du même rapport, aurait laissé la patiente au bloc opératoire et s'était rendu, dans une autre salle d'opération pour anesthésier un autre malade. Toujours selon ledit rapport, le médecin anesthésiste aurait dû rester avec la patiente, jusqu'à la fin de l'intervention. Mieux encore, le rapport fait état d'une négligence grave ayant provoqué un arrêt de coeur de 8 minutes.
Pis encore, le rapport révèle que le cerveau de la victime a été affecté par une rupture d'oxygène, provoquant sa mort clinique. Au-delà de la faute médicale grave, retenue par l'instance juridique. Il est également porté à l'encontre du staff médical, la négligence dans le suivi et la prise en charge. Des services que la clinique dans laquelle exercent les trois mis en cause n'a pas assurés à la patiente. Un point que la défense de la victime a soulevé avec acuité, du fait que la clinique en question est dépourvue de service de réanimation. Le panel des faits rapportés par la défense de la victime, renforcé par le rapport du médecin légiste, a révélé que la victime était morte, au moment de son transfert au service de réanimation du CHU Ibn Rochd de Annaba, à l'insu de sa famille. Un transfert improvisé par le médecin anesthésiste pour se disculper. Une responsabilité que le ministère public a incombé dans son réquisitoire aux trois mis en cause, qualifiant les faits de faute grave ayant provoqué le décès d'une mère de famille, il a requis 2 ans de prison ferme pour les trois prévenus, assortie d'une amende de 600 000 000 DA de dédommagement. Après délibération, et au moment où toute la population annabie attendait que justice soit faite, seul le médecin anesthésiste a été condamné à un an de prison avec sursis, pendant que les deux autres ont bénéficié du non-lieu. Il est à signaler que cette affaire n'est pas la première du genre à Annaba ou dans cette clinique, qualifiée par les Annabis de mouroir. Car, en l'intervalle d'un an, plusieurs cas de décès ont été enregistrés. On s'interroge sur un éventuel clin d'oeil, des services de la tutelle, le ministère de la Santé en l'occurrence.