CONFÉRENCE NATIONALE INCLUSIVE

Louh explique l'initiative présidentielle

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Outre le fait que cette conférence devra se tenir impérativement dans le courant de l'année de l'élection présidentielle, la promesse électorale du président-candidat, n'entrevoit aucune «digue» politique ou juridique.

Le ministre de la Justice est revenu, hier, lors de son intervention au Forum de la radio chaîne 1, sur l'annonce du chef de l'Etat concernant la convocation d'une conférence nationale inclusive dans les mois qui suivent l'élection présidentielle, dans le cas de sa victoire. Le ministre qui a affirmé que ladite conférence a de très larges prérogatives trace une seule ligne rouge en rapport avec les constantes nationales. Pour Tayeb Louh, le président de la République consent à ce que les conférenciers puissent aborder toutes les questions possibles et imaginables, à l'exception de l'arabité, l'islam, l'amazighité de l'Algérie. Sorti de cette exigence identitaire, les Algériens qui auront à débattre de la situation du pays ont toute la latitude d'aborder toutes les problématiques, y compris l'accession au pouvoir et les rapports entre les institutions de la République. Tayeb Louh qui a semblé très à l'aise pour évoquer le sujet n'a éludé aucun aspect, même le plus sensible, notamment les équilibres entre les institutions sécuritaires et celles relevant de l'Exécutif. En d'autres termes, la proposition du chef de l'Etat consiste à mettre à plat tout le système de gouvernance du pays pour le consolider en adoptant une démarche consensuelle. Le seul souhait du promoteur de l'initiative, tient dans l'émergence au sein de la scène politique et sociétale d'un «consensus patriotique et politique», comme le souligne le message à la nation du président de la République. De fait, Tayeb Louh a précise que les sujets abordés seront d'ordre «économiques, sociaux et politiques».
Outre le fait que cette conférence devra se tenir impérativement dans le courant de l'année de l'élection présidentielle, la promesse électorale du président-candidat, n'entrevoit aucune «digue» politique ou juridique. Le ministre de la Justice s'en explique en révélant que les propositions adoptées par les conférenciers seront appliquées, même s'il fallait, pour cela, amender des lois, lorsque «les recommandations émises lors des débats le nécessitent». On aura compris à travers les propos de Tayeb Louh que les divers départements de l'Exécutif devront impérativement se mettre au diapason des conclusions de la conférence nationale inclusive. Celle-ci est mise à un niveau d'importance telle, que même la Constitution ne fera pas obstacle à ces décisions, l'a dailleurs souligné le président de la République dans sa lettre-programme. «Bien sûr, après la conférence, après le débat, si la plate-forme économique et sociale sortie de cette conférence nécessite, pour sa concrétisation des lois, automatiquement ces lois seront introduites», a déclaré le ministre de la Justice, comme pour appuyer l'engagement du président-candidat.
Plus que les aspects «techniques» nécessaires à l'amélioration de la gouvernance, la conférence nationale inclusive pourra se donner une dimension éminemment politique en s'exprimant sur la corruption et le renforcement de l'indépendance de la justice. Ces deux thèmes qui font jaser «seront également dans le programme de cette conférence nationale, selon M.Louh. Les réformes politiques, sociales et économiques seront faites pour «''restaurer la confiance entre les institutions de l'Etat et les Algériens''», révèle Tayeb Louh. Si pour le premier thème, le ministre affiche la disponibilité du gouvernement à renforcer les «instances qui en sont chargées», pour ce qui concerne la justice, il est possible de créer «plus de dispositions que n'en contient la Constitution» actuelle, a-t-il détaillé.
Le ministre n'a, cependant, pas abordé le processus d'installation de cette conférence. Qui la composera, comment et sous l'égide de quelle institution sera-t-elle mise? Les réponses à ces questions sont aussi importantes que le sont les prérogatives de cette conférence nationale inclusive.