LAMAMRA APPELANT AU DIALOGUE ET À L'UNITÉ ENTRE ALGÉRIENS

"Lorsque la patrie perd, personne ne gagne"

Par
image

Le vice-Premier ministre a rassuré que l'APN ne sera pas dissoute et que les institutions continueront à fonctionner normalement après le 28 avril jusqu'à l'élection d‘un nouveau président.

Apaisant, rassurant et surtout très optimiste. C'est sur ces trois piliers que le vice-Premier ministre, Ramtane Lamamra, a charpenté son intervention hier, sur les ondes de la radio nationale Chaîne 3 pour expliquer à l'opinion nationale le plan de travail du président de la République. Aux appréhensions et, craintes du chaos qui habitent bien des observateurs, le diplomate a tranché en affirmant que l'Algérie n'est ni la Syrie ni la Libye. «Il faut être responsables mais il ne faut pas s'inquiéter. Nous sommes l'Algérie, nous avons notre histoire et vécu nos épreuves. Malgré nos différences, la diversité des opinions et la dureté de certains jugements, tout cela fait partie du débat politique», a rassuré Lamamra, insistant que l'Algérie ne «fera pas les erreurs commises en Syrie et en Libye». Le vice-Premier ministre est catégorique à ce sujet parce que dit-il, «nous sommes des patriotes tous réfractaires à l'ingérence étrangère et nous refusons que l'on nous dicte quoi que ce soit de l'étranger». Interpellé sur l'inconstitutionnalité du report de la présidentielle, l'invité de la radio s'explique: «Le message du Président est un développement de portée historique. Il a répondu de manière pressante à la demande de larges franges de la population qui se sont exprimées pacifiquement à travers des marches populaires.» Dans cette plaidoirie, le diplomate situe les faits au plan régional.
Il note dans ce sens que l'Algérie assume pour elle-même, pour son voisinage, pour la Méditerranée et pour la communauté internationale, des responsabilités concernant la Sécurité nationale, le développement et la stabilité de la région. Cela d'une part, d'autre part, «le report de la présidentielle correspond à un souhait exprimé par les citoyens.
M. Bouteflika s'est dit si cette présidentielle allait semer la division entre les populations, il vaut mieux la reporter», argumente Lamamra. «Il ne faut pas concevoir le droit comme un obstacle», estime-t-il. Pour appuyer son argumentaire, il convoque une phase précise de notre histoire récente.
Le Président Liamine Zeroual a démissionné en 1998, car il jugeait que cette mesure était salvatrice pour le pays à cette époque-là. Cela n'a pas empêché de nombreux juristes à soutenir que cette décision n'était pas prévue par la Constitution. Avec la fluidité du verbe qui lui est connue, le vice-Premier ministre, s'est dit confiant, quant aux développements à venir. Aussi, a-t-il annoncé que la proposition du Président est «un plan de travail qui pourra être enrichi. En tant que gouvernement, on a le devoir de dialoguer. Il appartient aux uns et aux autres de formuler des propositions», dit-il. C'est la conférence nationale inclusive qui décidera de tout. Combien de temps durera-t-elle? Il ne fixe aucune échéance. «La conférence doit s'efforcer de terminer ses travaux avant la fin 2019, mais elle pourrait terminer avant. Plus tôt elle se forme, mieux ce sera», a-t-il souhaité. Et si l'opposition rejetait ce plan de travail? «Le pire n'est jamais sûr. Il faut faire le maximum pour ce grand contrat social que nous sommes en train de renouveler», réplique-t-il, avec la même dose d'optimisme. A-t-il contacté des partis pour participer au gouvernement? le président a souhaité de nouveaux visages, de ministres de l'opposition et de la société civile, pourquoi pas? Il reconnaît qu'il n'y a pas eu de tractations à ce jour, mais il a lancé un appel à manifestation. «S'ils souhaitent intégrer le gouvernement, ils sont les bienvenus.» Qu'en sera-t-il après le 28 avril? A ce sujet, le vice-Premier ministre rassure que l'APN ne sera pas dissoute et que les institutions continueront à fonctionner normalement, jusqu'à l'élection dun nouveau président. «Nous serons dans une situation où il faut réunir les Algériens», dit-il avant de lâcher cette sentence: «Lorsque la patrie perd, personne ne gagne», avant d'ajouter:«il faut un apaisement des coeurs et des esprits.» Lamamra n'a pas manqué d'exprimer son «admiration devant les capacités de mobilisation de notre jeunesse, de sa maîtrise des nouvelles technologies, du caractère pacifique de ses manifestations. Il s'agit là, de la principale réalisation de Bouteflika, c'est cette jeunesse, c'est un capital précieux pour la nation algérienne», avant de faire cet aveu: «Nous n'avons pas toujours su écouter notre jeunesse, nous n'avons pas toujours été réceptifs. Il faut se mettre à l'écoute, il faut que nos jeunes bénéficient le mieux de tout ce que l'Etat pourra offrir.»