ILS ONT OBSERVÉ UN SIT-IN À LA FAC CENTRALE

Les étudiants augmentent la pression

Par
image

Les services d'ordre étaient présents en force, hier, empêchant toute tentative de regroupement. Un dispositif impressionnant a été installé tout au long de la place Maurice Audin jusqu'à la Grande-Poste.

Ils sont infatigables. Une journée de protestation ne leur suffit plus. Les étudiants veulent faire entendre leur voix sans arrêt. En plus de la marche hebdomadaire du mardi, ils ont décidé de multiplier leurs actions. Hier, un sit-in a été organisé par les étudiants de la Fac centrale. «Les étudiants s'engagent, le système dégage», «libérez le pays, rendez-nous notre indépendance», criaient sans cesse les étudiants coincés à l'intérieur de l'enceinte universitaire. Ces derniers voulaient étendre leur sit-in même à l'extérieur, mais ils ont été empêchés par les forces de l'ordre. «Notre but était d'occuper le devant de la faculté pour pouvoir montrer nos pancartes et clarifier nos revendications, mais en vain», regrette Amine, jeune étudiant en biologie. Malgré l'interdiction, l'action a eu un grand écho à l'extérieur. Ils étaient nombreux à affluer sur place pour exprimer leur solidarité avec les étudiants en répétant les mêmes chants et les mêmes slogans.
«Bensalah dégage», «On en a marre de ce système», «rendez-nous notre pays», scandaient à leur tour les passagers lesquels promettaient d'être encore plus nombreux à la marche du vendredi. La scène a laissé place à des débats. «C'est triste d'arriver à une situation sans issue après huit vendredis de marches grandioses», déplore une vieille dame le coeur serré. Il y a même eu des tentatives de marcher, mais les forces antiémeute ont vite réagi pour les étouffer. Elles ont même fini par disperser la foule qui était en parfaite symbiose avec les étudiants. Les services d'ordre étaient présents en force, hier, empêchant toute tentative de regroupement. Un dispositif impressionnant a été installé tout au long de la place Maurice Audin jusqu'à la Grande Poste. Déterminés, les étudiants ont même concocté tout un programme d'activité. «Nous organisons des ateliers de débat autour des questions fondamentales pour comprendre la situation du pays et connaître parfaitement les articles de la Constitution», explique Rym, étudiante qui prépare son master en biochimie. Pour elle, l'étudiant ne peut pas rester à l'écart de ce mouvement, mais bien au contraire l'université doit l'accompagner. «C'est notre avenir qui est en jeu, nous sommes prêts à perdre une année ou deux de notre cursus, mais pas toute notre vie», déclare Sara, étudiante qui prépare sa licence en interprétariat. Les étudiants se sont donné le mot pour être plus nombreux à la marche de demain. «Ni l'eau chaude ni lacrymogène ne nous fera peur, nous sommes déterminés à prendre notre destin en main», assure un groupe d'étudiants avec un optimisme d'un avenir meilleur. Pour eux, c'est le moment ou jamais d'arracher la liberté et de remettre le pays sur la bonne voie.