JOUR DU DÉPASSEMENT OU JOUR DU JUGEMENT ANNUEL

Comment respecter la nature?

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«La vie est un mystère qu'il faut vivre et non pas un problème qu'il faut résoudre» Gandhi

Le «Jour du dépassement» présenté comme celui de la fin du monde le jour du jugement: dans l'année. Cette année il arrive encore un peu plus tôt le 1er août en 2018: à cette date, l'humanité a déjà consommé les ressources que la nature peut renouveler en un an. Elle vit donc désormais «à crédit» jusqu'à la fin de l'année. Au 1er août 2018, l'humanité a consommé l'ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra ensuite à crédit pendant cinq mois, selon l'ONG Global Footprint Network, qui souligne que cette date survient de plus en plus tôt. Le 1er août est «la date à laquelle nous aurons utilisé plus d'arbres, d'eau, de sols fertiles et de poissons que ce que la Terre peut nous fournir en un an pour nous alimenter, nous loger et nous déplacer et émis plus de carbone que les océans et les forêts peuvent absorber», a expliqué Valérie Gramond de WWF, partenaire du Global Footprint Network. «Il nous faudrait aujourd'hui l'équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins», souligne WWF dans un communiqué. Cette date est la plus précoce jamais enregistrée depuis le lancement du «Jour du dépassement» au début des années 1970, où la date retenue était celle du 29 décembre. En 2017, il était intervenu le 2 août. Le mouvement «s'est accéléré à cause de la surconsommation et du gaspillage», explique Valérie Gramond, qui rappelle que dans le monde, environ un tiers des aliments finissent à la poubelle. «On met à mal la capacité de la planète à se régénérer», en puisant par exemple dans les stocks de poissons, ajoute-t-elle.
La situation diffère fortement selon les pays. «Nous avons des responsabilités différentes: des petits pays avec peu de population, comme le Qatar et le Luxembourg, ont une empreinte écologique extrêmement forte», Il faudrait sept planètes si les gens consommaient comme eux Si l'ensemble de l'humanité vivait comme eux, le «Jour du dépassement» interviendrait dès les 9 et 19 février. À l'inverse, dans un pays comme le Vietnam, la date retenue est celle du 21 décembre. «On doit passer du cri d'alarme à l'action». La reprise des émissions de CO2 au niveau mondial en 2017 après trois années de stabilisation est avérée.

Le Jour du dépassement controversé,
Le jour du dépassement global (earth overshooting day) prétend être un indicateur dont l'objectif est de conscientiser et responsabiliser les pays développés à la notion d'empreinte écologique.. Le Global Footprint Network divise la capacité de production du milieu naturel par l'empreinte écologique, multiplié par 365 pour obtenir un nombre de jours de consommation que la Terre peut supporter. Si depuis des années nous vivons à crédit, où est le stock qui nous permet de continuer à vivre? Ce que la nature produit en un an est uniquement de la biomasse, c'est-à-dire des produits générés par la photosynthèse entre le CO2 et l'eau par l'entremise de photons (lumière) et de catalyseurs (enzymes). En un an, la nature ne produit aucune ressource minérale. Le jour du dépassement ne peut concerner que la production de biomasse, qu'elle soit végétale, animale ou halieutique. Le biologiste Jeffrey S. Dukes a calculé et publié dans Climatic Change que les combustibles fossiles brûlés en 1997 ont été fabriqués au cours des millénaires géologiques à partir de 44.000.000.000.000 tonnes de matière organique. Cela correspond à plus de 400 fois la production primaire nette du biotope organique. Ce qui est en cause, c'est uniquement la consommation d'énergie fossile, qui représente bien plus que la production de biomasse que la Terre peut produire. Il est vrai que pour notre consommation d'énergie nous vivons à crédit sur les millénaires du passé! Depuis 1992, année de l'adoption de la Convention des Nations unies sur le changement climatique, jusqu'à 2017, les émissions de CO2 ont augmenté de 54%, soit plus de 2% par an. La lutte contre le changement climatique est incompatible avec le tourisme international et de nombreux secteurs économiques.

La Terre pourrait se transformer en «étuve»
. Peut-on encore stopper le changement climatique?? Probablement pas, si l'on en croit l'étude publiée ce 6 août dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). le réchauffement de la planète pourrait arriver à un point de rupture, engendrant des événements en cascade et un changement climatique incontrôlable Les auteurs de cette étude,, décrivent un scénario dans lequel la température moyenne de la planète augmenterait de 4 à 5 °C par rapport à la période préindustrielle et le niveau de la mer serait de 10 à 60 mètres plus haut qu'aujourd'hui. Certains endroits pourraient même devenir inhabitables pour l'homme, complète leTelegraph. L'étude suggère que, même si les objectifs visant à limiter le réchauffement planétaire à 2 °C - comme l'impose par l'accord de Paris - étaient atteints, ´´la Terre atteindrait un point où le changement climatique deviendrait dévastateur et incontrôlable´´, explique au Telegraph Will Steffen, l'un des auteurs de l'étude et chercheur au Stockholm Resilience Center» (1). En cause, un ´´effet domino´´ dans lequel des événements, comme la fonte des glaces en Antarctique, en déclencheraient d'autres - la modification des courants marins, par exemple -, qui amplifieraient à leur tour le premier et en déclencheraient de nouveaux. L'accumulation de ces événements en cascade provoquerait donc l'état d'´´étuve´´ dans lequel pourrait se retrouver notre planète, prévient le média britannique Express» (1).

Des efforts plus importants
Pour éviter une telle situation, il faut, selon Will Steffen et son équipe, ´´une transformation reposant sur une réorientation fondamentale des valeurs, de la philosophie, du comportement, des institutions, des économies et de la technologie humains´´. II y a cinquante ans, cela aurait été considéré comme alarmiste, mais les scientifiques sont vraiment inquiets aujourd'hui.´´ ´´Nous discutons d'une possibilité, pas d'une probabilité, et demandons à la communauté scientifique de mettre notre scénario à l'épreuve´´, renchérit dans leNew Scientist John Schellnhuber, qui a également participé à l'étude. Selon l'hebdomadaire britannique, plusieurs climatologues interrogés - et qui n'ont pas souhaité être cité - se sont en effet montrés sceptiques quant à ces résultats, tandis que d'autres les ont jugés ´´raisonnables´´. (1)
The Economist explique comment le monde perd la guerre contre le changement climatique ´´La planète est en train de se consumer. [...] Les gens étouffent sous la chaleur´´, prévient The Economist, alors que de gigantesques incendies menacent Athènes et la Californie et que le mercure atteint un niveau record à Tokyo. L'hebdomadaire britannique se désole: ´´Ces calamités, jugées autrefois exceptionnelles, sont devenues monnaie courante.´´ Pis encore, ´´les mécanismes du climat sont en train de perdre la boule´´. Des progrès ont été accomplis, reconnaît The Economist: les panneaux solaires, les éoliennes et autres technologies peu génératrices de carbone sont plus efficaces qu'avant et moins coûteuses. Les efforts menés pour lutter contre le changement climatique ne sont pas suffisants, estime The Economist. (2)

La Terre ne suffit pas
De combien de planètes aurions-nous besoin si la population mondiale vivait comme chacun de ces pays? À partir du mercredi 1er août, l'humanité vit ´´à crédit´´ jusqu'au 31 décembre, c'est-à-dire qu'elle a épuisé toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an. D'après le National Footprint Accounts 2016, si nous vivions comme 30% des nations, essentiellement en Afrique et en Asie, moins d'une planète suffirait pour satisfaire nos besoins.
Mais il faudrait plus de neuf Terres si la population mondiale vivait comme le Luxembourg. C'est ce que montre cette infographie publiée le 1er avril dans le quotidien argentin la Nación. Elle illustre l'empreinte écologique de l'humanité et la traduit en nombre de planètes Terre nécessaires pour produire les ressources que nous consommons - en utilisant de l'eau et des surfaces agricoles - et pour absorber les déchets générés.» (2)

Ce qui risque d'arriver
Si on ne fait rien ou peu, la destruction de l'humanité est programmée. Il faut savoir que l'humanité telle que nous la définissons c'est 10.000 ans un clin d'oeil comparé aux âges géologiques. La Terre a connu cinq extinctions pour la première fois, la sixième extinction sera le fait de l'homme. On parle de période de l'anthropocène après l'holocène.. La menace de la destruction de la Terre lit-on sur Slate «n'est pas nouvelle, mais sa rapidité si. Cet été 2018 aura été marqué par des phénomènes climatiques extrêmes: Et ce ne serait qu'un prélude à un réchauffement généralisé et à une multiplication des vagues de chaleur telles qu'on vient de les connaître (voire pire).. Dans les colonnes de The Independant, l'écrivain irlandais Richard Seymour dit que l'espèce humaine est en danger d'extinction». Il liste les signaux d'alarme qui devraient nous inquiéter quant à notre prochaine disparition. Comme la destruction de la barrière de corail qui, couplée à l'accélération de l'acidification des océans et leurs réchauffements représente une menace pour l'air que nous respirons. Comme la mort des abeilles, dont la population est en plein tourment.
Les scientifiques affirment que le réchauffement climatique est susceptible de causer une mort rapide de ces insectes. Sans leur pollinisation, 70% des cultures qui nourrissent 90% de la planète seraient impossibles. Comme l'extinction des espèces. Près de 23.250 espèces sont aujourd'hui menacées. L'extinction de masse n'est pas nouvelle, mais la vitesse à laquelle elle se produit l'est. Comme, aussi, la disparition du continent arctique. Il se pourrait que d'ici 2040, toute la glace en ait définitivement fondu, entraînant la disparition d'autres espèces. (...)Les scientifiques assurent que les conséquences toucheront à «tous les aspects de la civilisation humaine: la nourriture, l'eau, la santé, l'économie, et la sécurité nationale», rappelle Michael Mann. Pour résumer, plus les émissions de gaz à effet de serre ont un impact sur les températures, plus l'ESC sera élevé»(3).
Sur le site Internet du «Jour du dépassement» sont présentées différentes solutions pour inverser la tendance: revoir la façon dont sont pensées les villes, développer et privilégier les énergies vertes, lutter contre le gaspillage alimentaire et la surconsommation de viande, limiter l'expansion démographique. Pour limiter son empreinte écologique, encourager la consommation de produits locaux et de saison et en limitant le gaspillage.
Avec à la clé des emplois dans le secteur agricole. Ensuite par la promotion du véhicule électrique et du vélo, mais aussi une politique volontariste en faveur de la rénovation du bâti. «Nous sommes loin du compte, constate cependant la responsable du WWF. Même si le gouvernement prend certaines mesures intéressantes - via le plan climat ou le plan biodiversité - on ne peut pas dire qu'une véritable transition écologique est enclenchée». Une baisse de 50% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde permettrait, selon elle, un recul de 100 jours de la date du «dépassement».(4)

Imaginer la ville de demain,
En 2014, les scientifiques du Giec avaient prévenu que les effets du réchauffement climatique n'allaient pas tarder à se faire sentir, avec des conséquences graves. Au programme, inondations, sécheresses et... canicules à répétition. Toujours en 2050, la population mondiale atteindra, selon les projections des Nations unies, 9,8 milliards d'habitants et habitantes, dont une très grande majorité vivra dans les mégapoles.
Le réchauffement climatique est par son ampleur un défi colossal que nous devons toutes et tous collectivement relever. Les villes de demain ne ressembleront pas à celles d'aujourd'hui. Elles sont actuellement en train de changer sous la contrainte environnementale.
Comment faire dans les villes sans climatisation avec autant de contraintes? La ville intelligente (smart city), qui promet une mue vertueuse des mégapoles vers un modèle urbain respectueux de l'environnement et connecté, semble pleine de promesses pour contrer les effets de l'augmentation des températures Grâce à son hyper digitalisation, la smart city sera en mesure d'établir au quotidien un bilan de sa consommation énergétique. (5)

La révolution avec l'électricité
De plus en plus, la climatisation sera déterminante; aux Etats-unis elle représente 25 ¨soit 1000TWh; Le problème de la climatisation, c'est que c'est précisément notre consommation excessive d'énergies fossiles et de gaz à effet de serre qui est majoritairement responsable des températures élevées que nous subissons. D'après une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), un véhicule à essence climatisé rejette jusqu'à 20% de CO2 supplémentaire en ville et 5% sur route, entraînant inexorablement une augmentation de la consommation de carburant.
Le salut viendra du véhicule électrique. Les progrès en la matière avancent aujourd'hui à pas de géant, laissant présager que les voitures électriques vont commencer à remplacer de façon conséquente les voitures à essence dans les cinq à 10 ans qui viennent.
Que ce soit en matière d'autonomie ou de recharge des batteries, pas une semaine ne passe sans qu'une nouvelle invention vienne changer la donne. Et c'est une bonne nouvelle pour permettre aux véhicules de rester au frais sans abîmer la planète.
L'année dernière, la start-up américaine LightYear avait défrayé la chronique en présentant le tout premier modèle de voiture électrique utilisant les ressources du photovoltaïque pour recharger son moteur.
Bardée de panneaux solaires, la LightYear One offre aux conducteurs et conductrices la possibilité de faire le plein d'électricité, naturellement lorsque la voiture roule et qu'elle capte les rayons du soleil. Mais elle leur permet aussi de disposer d'une réserve importante d'électricité pouvant être affectée à d'autres fonctions du véhicule, et notamment la climatisation de l'habitacle. Le couplage solaire/électrique permet de garder un véhicule au frais grâce à la grande quantité d'électricité disponible. (6)
Imaginons que nous sommes en 2040, le climat est devenu ingérable les «points de bascule» font que la libération de ces gaz CO2 serait inéluctable. «Quand le seuil critique est atteint, le processus de réactions s'auto-entretient La chaleur fait que les océans libèrent le CO2 qui fait augmenter la température et ainsi de suite. L'énergie, l'eau, l'air seront taxés et chaque degré de température vaudra son pesant d'or selon la saison. Voir un avion dans le ciel serait rare. Chaque kWh est bien placé Il y aura même une bourse de l'énergie et de l'eau.
La carte énergie (en fait électrique) permettra (les véhicules thermiques étant abandonnés)de tout faire monter dans un ascenseur dans un bus... Les aliments énergivores seront une vue de l'esprit, plus de tourisme. On se rappelera avec nostalgie du gaspillage où tout était possible et disponible.
C'est ce monde-là que nous prépare la civilisation néo-libérale du toujours plus. Il n'est pas trop tard pour éviter le chaos; chacun est comptable de ses actes et les grands pollueurs devraient les premiers payer.

1.https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/changement-climatique-la-terre-pourrait-se-transformer-en-etuve 07/08/2018
2.The Economist comment le monde perd la guerre contre le changement climatique du 4 au 10 août 2018.
3.Slate.fr https://www.slate.fr/story/165599/vous-trouvez-quon-en-fait-trop-sur-les-vagues-de-chaleurs-vous-ne-devriez-pas?
4.http://www.slate.fr/life/85709/2036-rechauffement-climatique-seuil-critique
5. http://www.slate.fr/story/165482/villes-temperatures-chaleur-adaptation-urbanisme-meteo-canicule
6Arnaud Pagès http://www.slate.fr/story/ 165581/comment-adapter-transports-montee-temperatures-energie-photovoltaique-climatisation-solaire-pollution?