Héritage empoisonné

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Deux frères s'affrontent à la barre devant la composition correctionnelle d'Alger pour un conflit autour de deux locaux commerciaux cédés par le défunt père. Cela fait des mécontents...
L'aîné semblait remonté contre son cadet qui a pris comme conseil Me Guerrroudj alors que le président Me Nabil Oucherif doublé de Me Abdelhamid Sediri pour prouver que Djamel N. 59 ans ne peut en aucun cas, menacer son cadet Mustapha de mort et ce, via la longue langue du cadet Noureddine chargé de dire: «Tu es un homme mort!» Cela aurait été dit au téléphone comme message...
«L'anomalie dans cette funeste histoire de famille c'est que la justice a été saisie et fait son boulot», a dit Me Guerroudj.
Le drame de voir dans la salle d'audience quatre frangins, est à lui seul édifiant!
La cause de cette affaire? Le foncier: encore et toujours. L'héritage n'est pas toujours une bénédiction! Au contraire, après avoir suivi les débats nous avions la nette impression qu'aujourd'hui n'importe qui peut être poursuivi par son propre sang, au son des convocations à la police judiciaire et au son d'un tambourin du parquet. Le tribunal, lui, a condamné Djamel à une peine d'emprisonnement assortie du sursis (six mois). Pour Djamel, c'est le franchissement de la ligne rouge. «Moi, l'aîné suis donc capable de menacer mon propre cadet! C'est insupportable!» D'ailleurs, devant son état de santé vacillant (tension artérielle optimum). Le président lui prêtera le banc des avocats à la barre et lui offrira un siège au prétoire... La bataille qui a vu l'affrontement entre Me Mouloud Guerroudj et Me Nabil Oucherif et à un degré moindre Me Abdelhamid Sedir a été plus qu'éloquent. Nous savons le mal qui ronge notre société. Nous connaissons le virus qui mine les familles: mais cette triste histoire en plein mois sacré nous a laissés un arrière goût amer de décadence des familles.
La bataille livrée à la barre sous le regard intéressé, mais sans goût de Sellam, le président de la chambre correctionnelle du lundi de la cour d'Alger, a laissé des bruits de «bottes» en pleine esplanade «Emiliano Zapata» où s'élève la cour du Ruisseau.
Oui, les échos sont restés dans le ciel de Oued Koriche longtemps après le départ sur Alger-Centre de Djamel N. et sur Chéraga du cadet Mustapha que beaucoup dans la salle ont dû 'prier'' pour lui car un cadet qui voit le président inviter l'aîné (très mal en point) à s'asseoir avec les avocats puis lui offrir une chaise derrière la barre et ce, en plein jeûne ne mérite pas d'être un «frère», voire un «kho» car la Casbah a gardé encore l'amour familial, l'amour fraternel, l'amour paternel tous les amours langoureux des nuits de la vieille ville d'El Bahja.
Oui, autant les regards de compassion ont suivi Djamel quittant la salle d'audience, appuyé sur Me Nabil Oucherif, un de ses deux avocats, autant les regards n'ont pas cherché celui du cadet qui a quitté la salle d'audience comme s'il était sûr qu'une malédiction allait le frapper. Tout ça pour des... murs, pour deux locaux commerciaux légués au cadet et que l'aîné refuse au nom de la charia car l'islam a la frida, pas autre chose! Les deux autres frères Noureddine et Rachid venus enfoncer l'aîné n'ont même pas été entendus par la cour dont le rapporteur sait ce qu'ils ont épelé lors de leurs auditions par-devant la police judiciaire.
Me Oucherif a fait un boucan, comme d'habitude et le Pr Abdelhak Oucherif, le célèbre urologue, a raté ce lundi une occasion pour se délecter du talent de son fils déchaîné, de quoi arracher, effacer, le sursis distribué au tribunal. «Il n'y a qu'une seule décision: la relaxe pour ce grand frère de 59 ans» a sifflé le conseil, le visage en sueurs noires, humidité des lieux oblige. Voilà encore une fois, des familles plongées dans la tourmente à cause de bâtisses, de villas, d'appartements. Encore une fois la justice est mêlée à une histoire entre deux frères égarés par un... héritage! Jusqu'à quand?