Il s'écroule, frappé à mort!

Par
image

La bêtise humaine a fait que deux jeunes aillent, au cimetière pour le premier et le second, en taule pour 20 ans...

L'employé de la pharmacie venait de finir son boulot et en sortant un jeune lui fit face. Des mots, on passa aux gros, avant de s'écrier, de g...; puis ce fut carrément la bagarre, avant que l'arrivée d'autres jeunes ne mène à la rixe, mortelle et regrettable car un mort de plus n'arrange jamais les malentendus.
La rixe de la nuit fut sanglante, mortelle, cruelle pour deux familles qui, pourtant, n'ont pas demandé à être de la partie désolante qui s'est déroulée tard dans la nuit noire dans la wilaya de Médéa, une partie de notre immense pays qui vit des moments paisibles ici, surtout depuis l'avènement de la bénie Réconciliation nationale. La mort a beaucoup rôdé durant la décennie noire...
Le meurtre a secoué la population, surtout qu'il a eu lieu devant une pharmacie où exerçait le meurtrier F. Benabdelkader, un jeune à qui un avenir radieux lui ouvrait grands, les bras.
Ce fut un procès difficile, ardu, poignant car les témoins étaient forts nombreux et donc les sombres et hésitants témoignages étaient cahin-caha, boiteux, contradictoires, avec des non-dits extraordinaires, de la censure de part et d'autre. Cette situation est survenue parce que les antagonistes au début de la bagarre à deux, ont vu le nombre de bagarreurs gonfler quand les familles furent appelées en renfort, mobiles et portables mis en branle...
Quand les policiers étaient arrivés sur les lieux, c'était trop tard pour une quelconque et salvatrice intervention. Il y avait là, le mort et le couteau qui avait servi au meurtre du jeune homme présenté par certains témoins comme un accroc de la came.
L'enquête préliminaire et celle menée par le juge d'instruction avaient conclu à un meurtre avec préméditation de l'accusé, relevant de l'article 264 (loi N° 06-23 du 20 décembre 2006) du chapitre 2 - Violences volontaires - qui dispose que: «Quiconque, volontairement, fait des blessures ou porte des coups à autrui ou commet toute autre violence ou voie de fait et s'il résulte de ces sortes de violence une maladie ou une incapacité totale de travail pendant plus de 15 jours est puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100.000 à 500.000 DA. Le coupable peut, en outre, être privé des droits mentionnés à l'article 14 de la présente loi pendant un an au moins et 5 ans au plus.
Quand les violences ci-dessus exprimées ont été suivies de mutilation ou privation de l'usage d'un membre, cécité, perte d'un oeil ou autres infirmités permanentes, le coupable est puni de la réclusion à temps, de 5 à 10 ans. Si les coups portés ou les blessures faites volontairement, mais sans intention de donner la mort l'ont pourtant occasionnée le coupable est puni de la réclusion à temps, de 10 à 20 ans.»
C'est cet article qui a été brandi au-dessus de la tête de l'accusé qui a tant crié à son innocence, vainement! Son cri s'est évanoui dans les cimes de Benchicao habillé de son légendaire manteau blanc.
Le verdict est tombé, tel un couperet et la famille s'était sentie écrasée sous le poids de l'injustice tombée du ciel car, selon Abdelkader, le père, aucune preuve n'est venue étayer la désignation du meurtrier «qui est à rechercher ailleurs, pas du côté de mon fils!».
Flanqué de son cadet - absent car abattu -, de la discussion que nous avons eue avec le papa, un beau blond encore debout malgré la perte de l'aîné, il y a de cela un bail, et de l'emprisonnement du junior, est encore éberlué par la décision catastrophique du tribunal criminel. Il est formel: «Je sais que mon enfant est innocent, innocent, innocent! Je le sens, je le sais, la preuve? Il n'a pas jeûné en détention car lui-même connaît la Charia et dans son cas, il n'y a pas de raison qu'il jeûne!
Il y avait, certes l'arme du crime sur les lieux, mais il n'y avait pas que mon fils dans les parages. Selon beaucoup de témoins, il y avait cette nuit-là près de 20 participants à la rixe.
Pourquoi les recherches se sont arrêtées à mon enfant? C'est la question que devraient poser les juges et les jurés lors de la tenue du prochain procès si la chambre criminelle de la Cour suprême, décelait un quelconque vice de forme, décidait de casser et de renvoyer le dossier.