L'appel de poutine pour éliminer daesh

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Séquelles. Cette semaine, la Russie a célébré le 72ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une guerre qui a été gagnée grâce à la Russie (ex-Urss) qui y a participé activement dès juin 1941 suivie par les Etats-Unis six mois plus tard. En fêtant l'événement, mardi dernier, le président russe Vladimir Poutine a lancé un appel «à la communauté internationale tout entière» à s'unir «pour mener un combat efficace contre le terrorisme». On comprend, par là, que pour lui, l'engagement international pour lutter contre le terrorisme n'est pas encore acté.
Pourtant, aucun pays de la planète n'est épargné par ce fléau. Y compris les Etats-Unis qui ont été ciblés dès 2001 avec l'attaque terroriste des tours jumelles de New York. L'autre point à relever de l'appel de Poutine est celui d'avoir été lancé à l'occasion de la commémoration de la Seconde Guerre mondiale. Poutine l'explique ainsi: «Cette tragédie monstrueuse (la guerre mondiale Ndlr) n'a pas été empêchée d'abord, parce que l'idéologie criminelle de la supériorité raciale a été tolérée, en raison de la désunion des grands pays.» En d'autres termes, pour Poutine, le monde vit, avec le terrorisme international, sa troisième guerre mondiale et qui ne pourra être gagnée que dans les mêmes conditions que la précédente. Ce qui donne une idée de l'importance de la menace terroriste et de sa force de frappe assimilée à celle d'une puissante armée d'un Etat comme l'avait été celle de l'Allemagne nazie. Ceci se confirme sur le terrain. Lorsque le président américain, Barack Obama, a décidé, en mai 2011, l'audacieuse opération du commando spécial qui a tué le chef de l'organisation Al Qaïda, Ben Laden, en territoire pakistanais, cela a été perçu comme la fin du terrorisme. Trois années plus tard, l'organisation terroriste prend un autre sigle, Daesh, et un autre chef, Abou Bakr El Baghdadi. D'une dimension plus importante que la première. Avec des «territoires», des recrutements massifs de mercenaires venus des quatre coins de la planète et des actions plus meurtrières. Pour armer et entretenir une telle «armée» il faut de l'argent, beaucoup d'argent. Il y a eu une «mise» de départ, ensuite Daesh a trouvé le moyen de s'autofinancer. En vendant du pétrole pompé de «ses territoires» (Poutine dit avoir montré à ses pairs des photos prises par les satellites russes prouvant les transactions). Ensuite en pillant les villes et les villages qu'il envahit. Au-delà de l'aspect financier, il y a également la logistique qui a permis à cette organisation terroriste de mener des attaques dans plusieurs pays étrangers. Les complicités locales, les planques, l'approvisionnement en armes et en explosifs, les repérages, etc. Tout ceci n'a pu être rendu possible qu'avec des réseaux aux ramifications qu'aucune organisation terroriste n'a jamais pu atteindre dans toute l'histoire de l'humanité. Pas même celles qui ont existé dans les années 1970 comme les «brigades rouges» ou la «bande à Baader». Même le GIA qui sévissait en Algérie dans les années 1990 et qui s'est essayé à l'international, n'a pas pu dépasser le sol français, très proche, et avec très peu d'actions. Vladimir Poutine sait d'où vient cette puissance de Daesh. Lors d'une réunion, le 16 février dernier, avec les services de renseignements russes (FSB), Poutine a fait part «de soutiens aux groupes terroristes tantôt implicites, tantôt explicites de la part d'un certain nombre de pays». Sans les désigner nommément. Ceci dit, il est clair que le terrorisme international a pris naissance après des interventions militaires occidentales. Que ce soit en Afghanistan pour Al Qaïda ou en Irak pour Daesh avant de s'étendre en Syrie et plus récemment en Libye. Actuellement même l'Europe est devenue un «nid» de terroristes. On aura beau d'accuser les migrants d'avoir été la cause d'infiltrations de ces terroristes, mais beaucoup d'affaires liées au terrorisme font état de nationaux «radicalisés». Un mot qui ne veut rien dire, sinon brouiller un peu plus les pistes. Lors du débat du second tour de la présidentielle française, Emmanuel Macron a lancé à Marine Le Pen qu'il fallait plutôt voir du côté de la psychiatrie.
En vérité, leur recrutement s'effectue sur cette base. Un petit «travail» supplémentaire suffit pour en faire des zombies. Agrémenté, pour finir, d'un zeste de «conversion religieuse», même dans les bars, la veille d'un attentat. Ceci pour dire que le terrorisme est tout sauf un électron libre. C'est bien ce qu'a voulu dire Vladimir Poutine dans son appel. Une rencontre est prévue entre lui et le président américain, Donald Trump, au sommet du G20 prévu en juillet prochain à Hambourg en Allemagne. S'entendront-ils pour gagner cette troisième guerre mondiale? Difficile d'y répondre!