Le monde plus divisé que jamais

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Rien de rassurant. Les pays membres du G7 se sont séparés encore plus désunis qu'avant leur rencontre. Peu avant, la réunion au sommet de l'Otan n'était pas mieux «lotie». Deux occasions qui ont démontré que, rien ne va plus, dans le camp occidental. L'Europe devra apprendre à se défendre toute seule. Trump ne veut plus faire supporter à son pays seul les dépenses de l'Otan. Il menace l'Europe de ne plus la défendre. Ceci et alors que le Vieux Continent ne dispose pas de défense commune. S'il pouvait compter sur l'armée britannique avant le Brexit, il ne lui reste que la France sur laquelle il peut s'appuyer en cas de nécessité militaire. En plus clair, les Etats-Unis lâchent l'Europe qui était leur allié lors de la dernière guerre mondiale. La situation se complique davantage pour l'Europe qui s'est mis à dos la Russie avec les sanctions économiques liées au dossier ukrainien. Seul le président français semble avoir compris la situation en décidant de reprendre langue avec le président russe. Il faut dire que l'Union européenne est en «perte de vitesse» depuis un certain moment déjà. Surtout depuis le positionnement de ses pays sur la solution à deux Etats (Israël et Palestine) sur la base des frontières de 1967. Ce qui a été suivi par la reconnaissance de l'Etat palestinien par la majorité des pays européens. Après le départ d'Obama qui était dans ces mêmes positions, son successeur, Donald Trump a promis de détricoter tout ce qui a été fait avant lui y compris l'accord sur le climat de Paris. Sans l'Angleterre ni les Etats-Unis, les pays européens se retrouvent avec une certaine vulnérabilité face à un président turc qui déroute par ses retournements d'alliances. Même les sanctions appliquées contre la Russie se retournent contre les agriculteurs européens par les effets de la réciprocité. Quant à la lutte contre le terrorisme international, aucune unité d'action n'est perceptible à tel point que le président russe, Vladimir Poutine ne cesse d'appeler à l'union des efforts et à une coopération internationale sans faille contre ce fléau. Sur ce point aussi, le président français semble être le seul à mesurer la nécessité de faire bloc contre Daesh. Il est vrai que c'est le seul pays européen qui est directement engagé sur le théâtre des opérations contre le terrorisme. Au Proche et Moyen-Orient, les pays arabo-musulmans se déchirent dans des conflits fratricides inacceptables. Au point d'en oublier la Palestine et les Palestiniens qui ne devraient jamais cesser d'être leur priorité. D'autant que la visite de Trump dans la région n'a rien apporté de nouveau sur cette fameuse relance du processus de paix que plusieurs présidents américains n'ont pu mener à terme. Il est clair qu'Israël ne veut pas de la paix et usera de tous les stratagèmes pour éloigner les initiatives allant dans ce sens. Tous les pays de la région en proie au désordre et à la guerre, comme l'Irak, la Syrie, le Yémen ne sont pas près d'une solution durable. Les Etats-Unis arment les Kurdes pour, officiellement, combattre Daesh, mais dans le même temps pérenniseront le conflit en Irak et en Syrie. Pour sa part, Daesh a déjà «délocalisé» son siège en revendiquant le premier attentat terroriste commis à Manchester à partir de la Libye. Avec un terroriste libyen entraîné en Libye. Le second attentat est celui qui a visé les Coptes en Egypte et a entraîné une riposte militaire égyptienne en territoire libyen. Toujours en Afrique, le Mali peine toujours à appliquer l'accord d'Alger. Quant au reste de l'Afrique, le sous-développement, la corruption et les rivalités ethniques suffisent à entretenir son maintien hors du progrès. En Asie, la situation est encore plus explosive avec notamment la Corée du Nord qui provoque les Etats-Unis avec ses tirs de missiles balistiques. La corruption qui a décapité, pour longtemps, le pouvoir en Corée du Sud. Aux Amériques où les Brésiliens et les Vénézuéliens ne savent plus de quoi demain sera fait. Dans ce décor mondial inextricable, le président russe, Vladimir Poutine, garde la tête froide et déroule son programme sans se laisser distraire. Il est devenu un acteur incontournable au Moyen-Orient sans rien lâcher de ses positions en Ukraine. Si son «offre de service» est acceptée par l'UE, c'est tout l'échiquier mondial qui en sera bouleversé. La Chine qui le soutient au Conseil de sécurité, verrait d'un bon oeil un tel renversement de situation aux conséquences très favorables pour son économie. Sans oublier, pour finir, la procédure de l'impeachment qui est suspendue au-dessus de Donald Trump, pour ses liens présumés avec la Russie. Comme on le voit, le monde est plus que divisé. Une division qui renforce la nuisance du terrorisme!