La police a gagné le coeur des Algériens

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Sans haine ni excès. Le Dgsn, Abdelghani Hamel, a annoncé, lundi dernier, par la voix du commissaire principal, Mohamed Filali, l'élaboration d'un guide de déontologie pour les policiers dans l'accomplissement de leurs missions. Il s'agit de l'une des mesures d'un processus, méthodiquement appliqué, qui se poursuit tout en ayant déjà produit des effets appréciables. L'objectif étant de rendre l'action du policier «forte sans violence et flexible sans pour autant être faible» comme l'a si bien résumée le directeur de la sécurité publique, Aïssa Naïli, dans son allocution à l'occasion de la Journée nationale de la police en juillet dernier. En réalité, cet objectif est un véritable challenge dans lequel notre police est engagée depuis des années. Plus connu sous le nom de «travail de proximité», ce travail en profondeur où se mélange l'application sans concession des lois de la République et la préservation de la dignité des citoyens auxquels s'appliquent ces lois. L'équation n'est pas simple car pour protéger les personnes et les biens le policier est confronté à des situations complexes et difficiles qui souvent naissent dans un contexte de violence et de brutalité. C'est une véritable prouesse qui est demandée au policier. De garder son calme, de maîtriser la situation, d'apaiser les tensions tout en faisant respecter la loi. Pour être plus clair, rien ne vaut des exemples concrets de la vie de tous les jours. Dans les villes, les policiers ne chôment pas. Les appels des citoyens sont incessants. Du plus petit larcin au crime crapuleux en passant par les mouvements de foule; de la petite délinquance au grand banditisme; des agressions dans la rue aux violences à l'intérieur même des foyers; des infractions au Code de la route aux accidents mortels de la circulation, etc., la panoplie d'interventions des agents de la Sûreté nationale est difficile à arrêter. En tous lieux et à tous moments, le policier est soumis à de rudes épreuves qu'il doit gérer au mieux et dans l'urgence. Cela nécessite de grandes aptitudes et un professionnalisme avéré. D'autant que le policier lui-même est un être humain avec, comme tout le monde, une vie faite de joies et de peines. Il lui faut transcender ses propres soucis dès qu'il commence son service. Il lui faut une grande capacité de résistance pour ne pas se laisser entraîner par la spirale des excès pour lesquels il est appelé. Ce sont toutes ses qualités et toutes ces contraintes qui font de lui un fonctionnaire pas comme les autres. Son mérite est précisément de vaincre tous ces obstacles et de parvenir à rétablir l'ordre et à protéger tant les personnes que leurs biens. Il fut un temps, pas très lointain, où l'improvisation l'emportait sur la méthode. C'était le temps où les citoyens n'avaient pas le même regard qu'aujourd'hui sur le policier. Dans la mémoire collective, le policier incarnait le rôle du «méchant». A tel point où franchir la porte du commissariat, même pour une simple déclaration de perte, était, pour le citoyen, un calvaire nourri par l'image désastreuse, non sans raison, nourri par l'empirisme dominant. Aujourd'hui et grâce au programme présidentiel, des réformes profondes ont littéralement changé, du tout au tout, la relation entre les policiers et les citoyens. On peut même parler de réconciliation. Grâce notamment au développement humain introduit dans le corps. D'abord en doublant les effectifs pour atteindre actuellement un policier pour 250 citoyens. Norme internationale. A cela s'ajoute la multiplication des commissariats. Dans les moindres cités. Ensuite par les critères universitaires de recrutement en passant par la revalorisation des salaires et la formation continue. Sans oublier l'accent mis à l'élévation du niveau social des policiers (logements, santé, etc.). Avec des «additifs» non négligeables comme la création d'un bureau des droits de l'homme à la Dgsn (direction générale de la Sûreté nationale). Les journées d'informations organisées à l'intention du public. Les restos du coeur pendant le Ramadhan. Les visites aux malades, aux personnes âgées. Etc. Un travail de «fourmi» qui permet aux citoyens, aujourd'hui de considérer le policier comme un allié. Un protecteur qu'on salue, qu'on respecte. Qu'on affectionne même. Des sentiments très visibles lors de la Fête de la police. Des embrassades, des fleurs, des gestes par lesquels les citoyens ne manquent pas de marquer leur solidarité avec le dur travail du policier. Qui les protège. Dans le respect de la dignité de chacun. C'est un changement du tout au tout de ce qui prévalait par le passé. Osmose réussie. Le policier peut remplir pleinement sa mission avec l'approbation unanime des citoyens. Des honnêtes gens comme les autres. Tous ont fini par comprendre que le policier ne fait que son travail. Sans excès, mais aussi sans complaisance. Qui s'en plaindrait?