La vérité sur la mort du président Boumediene

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Mystérieuse maladie. Hier, c'était le 39ème anniversaire de la mort du président Houari Boumediene. Le sujet aujourd'hui n'est pas de retracer tout le parcours révolutionnaire et politique de ce grand dirigeant. Rappelons simplement qu'il dirigea l'Algérie de juin 1965 jusqu'au 27 décembre 1978, jour où il s'est éteint. Les grands moments de son règne ont été marqués par un développement économique et social sans précédent. La scolarisation massive, c'est lui. L'industrie industrialisante, c'est encore lui. La nationalisation, en 1971, des banques et des hydrocarbures encore aux mains des Français, c'est toujours lui. Sur le plan international, il s'est vite affirmé comme un dirigeant de premier plan. En 1973 il organisa le sommet des non-alignés qu'il présidera. Il a ouvert la porte de l'Algérie à tous les mouvements de libération d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Fidèle à sa ligne il soutiendra depuis le début le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Ce qui a fait de lui, le leader incontesté du tiers-monde. En 1974, il se rend à l'AG de l'ONU où, dans son discours, il a exposé la nécessité d'établir un nouvel ordre économique mondial. Le premier sommet de l'Opep se tient sous son impulsion à Alger en 1975. Une réunion au cours de laquelle il offre sa médiation à l'Iran et à l'Irak qui étaient en conflit et réussit à les convaincre de signer la paix. On retiendra également de lui son soutien total et inconditionnel à la cause palestinienne. Il enverra des troupes algériennes aux deux guerres israélo-arabes de 1967 et 1973. Voilà, très rapidement résumées les principales actions de cet homme d'Etat hors du commun.
Certains auraient pu croire que le peuple algérien subissait plus qu'il ne l'acceptait ce président jugé autoritaire. Mais le jour de son enterrement, le monde a eu la preuve qu'il était aimé, adoré par tout son peuple. Ce jour-là, un vendredi, les Algériens choqués par sa disparition ont exprimé tout leur chagrin en déferlant dans les rues sur le trajet du convoi funèbre qui a traversé toute la capitale. Au cimetière d'Al Alia où il fut inhumé, l'actuel président Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères, prononça une oraison funèbre tellement émouvante qu'elle bouleversa encore plus les Algériens. Le jour de sa mort, le président Boumediene avait à peine 46 ans. Les premiers signes de malaise apparurent en septembre 1978 au cours d'un voyage en Syrie. Aussitôt il décida d'aller se faire soigner en Urss (Russie aujourd'hui). Sans succès. Il retourna en Algérie et fut hospitalisé à l'hôpital Mustapha d'Alger. Ses médecins russes l'ont rejoint, suivis par d'autres spécialistes français ainsi que du célèbre médecin suédois, Jan Gosta Waldenström, qui donna son nom à une maladie rare qu'on soupçonnait être celle de Boumediene.
Toutes ces sommités n'ont rien pu faire pour sauver le président. Plus grave encore, aucun d'eux n'a pu établir la cause réelle de sa mort. L'hypothèse d'un empoisonnement a très vite circulé. Une piste qui d'ailleurs a été confirmée par le médecin-chef de l'équipe russe qui a soigné le président. Il l'a fait sur la chaîne tv russe en langue arabe «Russia el Youm». Nous livrons le lien à ceux qui désirent écouter son témoignage:
https://www.youtube.com/watch?v=TUohywMawTk
Ceci dit, ce type d'attentat car il y a de fortes probabilités que ce soit le cas, n'a rien d'étonnant. Les empoisonnements avec des substances inconnues ont visé d'autres personnalités. Le plus connu et prouvé par la suite est celui dont a été victime le responsable palestinien, Khaled Mechaâl. En 1996, il a été piqué à l'aide d'une seringue en pleine rue d'Ammam, la capitale Jordanienne. Ses agresseurs, des agents du Mossad israéliens, ont été aussitôt capturés. Menaçant, le roi Hussein de Jordanie a exigé de Tel-Aviv, l'antidote du poison inoculé. Prise en flagrant délit, Israël s'exécute et livre l'antidote. Ce qui a permis de sauver Khaled Mechaâl. Plus récemment, il y a l'assassinat à l'aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie) du demi-frère du dirigeant nord-coréen. Deux femmes lui ont projeté au visage un liquide empoisonné. Transporté en urgence à l'hôpital, il rendit l'âme en cours de route. Sans oublier l'assassinat de Yasser Arafat mort le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire français. En 2012, le corps de Arafat a été exhumé pour effectuer des prélèvements et déterminer la substance toxique qui l'a emporté. Aux experts français ont été ajoutés des russes et des suisses. Le résultat de leurs analyses n'a jamais été publié. Top secret. Raison d'Etat? Le SG du FLN, Djamel Ould Abbès vient de dire que «la mort du président Boumediene n'était pas naturelle». A ce niveau de responsabilité, une telle affirmation n'est forcément pas «lancée» à la légère. Il ne manque plus que «par qui» et «comment»? Les recoupements avec les autres cas similaires en disent long!