Etudes universitaires post-payées

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Rien pour rien. Dans tous les pays du monde, les études universitaires ont un coût. Quelques exemples: en Australie le tarif est de 42.000 dollars/an, à Singapour 39.000 dollars/an, Etats-Unis 36.500 dollars/an, en Grande-Bretagne (équivalent) 35.000 dollars/an, en France 12.000 euros/an, en Turquie 11 500 dollars/an, en Chine 11.000 dollars/an, etc. (source: une enquête de la banque HSBC). Ces prix ne concernent que les études. Le prix du savoir. L'étudiant doit ensuite penser à manger, se loger, à s'habiller, bref à sa vie quotidienne. Autant de dépenses qui ne sont pas possibles pour toutes les bourses. Dans certains pays comme aux Etats-Unis, des banques ont prévu dans leurs gammes de produits, des prêts avec intérêts aux étudiants sous certaines conditions de garanties. Ce qui restreint le nombre de ceux qui peuvent y recourir. Partant de ce constat, certaines universités américaines viennent de créer un nouveau moyen à leurs étudiants. Elles ont mis au point ce qu'elles appellent des «contrats de partage de salaire (Income Share Agreement- ISA)». Il s'agit d'une formule où l'université assure la formation de l'étudiant sans bourse délier en échange de quoi ce dernier devra verser à l'université une partie de son futur salaire pendant plusieurs années. Jusqu'à extinction de sa dette. La formule connaît un certain succès d'une part parce qu'elle est sans intérêts et d'autre part parce qu'elle ne nécessite pas d'autres garanties à apporter par l'étudiant. De plus en plus d'universités américaines proposent des ISA. Même si les textes qui devraient encadrer cette formule sont encore au stade des discussions, que ce soit au congrès américain ou dans les différents Etats. Beaucoup d'analystes prévoient un plus grand succès des ISA une fois les textes réglementaires adoptés. Il faut dire que les prêts bancaires qui étaient le seul recours des étudiants dans le besoin, ont été contractés par environ 45 millions d'Américains dont beaucoup se retrouvent sans moyens de rembourser. En général, c'est la difficulté de trouver un emploi à la fin des études qui en est la cause. Surtout pour certaines filières aux débouchés saturés. Et même quelquefois à cause de diplômes sans valeur pour les employeurs. Il est vrai que ces prêts présentent une faille de taille. Celle des cas de non-réussite aux études. C'est le tourbillon et l'engrenage qui risquent de pourrir l'existence de l'étudiant jusqu'à la fin de sa vie. Comme on l'a vu plus haut, même en Chine qui a gardé son idéologie communiste, les études universitaires sont payantes. Ceci dit et devant le succès des ISA aux Etats-Unis et les difficultés des étudiants à honorer leurs engagements une fois leurs études terminées, des chaînes de télévision ont pensé à créer des jeux en lien direct avec la formule. Le jeu télévisé le plus en vue est une émission à l'intitulé «Paid Off (remboursé» de la chaîne américaine «TruTV». Le principe consiste à choisir trois étudiants dans l'incapacité de rembourser leurs dettes, de les soumettre à une série de questions humoristiques. Selon le nombre de réponses justes, les participants peuvent gagner jusqu'au remboursement intégral de leur prêt bancaire. En fait, ce ne sont là que des palliatifs sans trop d'incidences sur les 45 millions d'étudiants endettés. Certains d'entre eux, en grande difficulté, n'hésitent pas à partir à l'étranger pour fuir les banques qui utilisent tous les moyens pour récupérer leurs créances. Pour l'illustration, il y a ce cas d'un étudiant américain qui, fuyant les créances de sa banque, a été retrouvé par la chaîne de télévision française Bfmtv dans...la jungle, au sud de l'Inde. Il y vit paisiblement dit-il, après s'être marié sur place et fondé une famille. Retourner aux Etats-Unis ne fait pas partie de ses projets sachant qu'il fait l'objet de poursuites. Cet exemple fait penser à tous ces étudiants algériens qui s'expatrient à l'étranger une fois leurs études universitaires achevées. Certains réussissent remarquablement. Nos médias se font une fierté de les montrer en exemple. A la différence des étudiants américains endettés, ils vivent sans être inquiétés par des créances qu'ils n'auraient pas honorées dans leur pays d'origine, l'Algérie. Puisque les études dans nos universités sont gratuites. Totalement gratuites. Avec en prime la chambre universitaire, le resto et même... une bourse en plus. C'est dire la chance qu'ils ont d'être nés et grandi en Algérie. Leur pays natal où les études sont totalement prises en charge par l'Etat, de la première année scolaire jusqu'à la dernière année universitaire. C'est très instructif de savoir comment de grands pays dispensent le savoir à leurs citoyens. A chacun de deviner pourquoi?