Touche pas à Air Algérie!

Par

Info toxique. Cette semaine nous allons partager avec vous une affaire qui dure depuis plus d'un mois. Comme elle n'accroche pas, elle est relancée à chaque fois. Tout a commencé le 7 avril dernier, par un post sur les réseaux sociaux portant les initiales I.K accusant Air Algérie d'avoir servi, sur son vol, Alger-Paris, AH 1012 du 6 avril 2019, des repas qui auraient occasionné une intoxication alimentaire aux passagers. Le lendemain, soit le 8 avril, un communiqué de la compagnie précise que «Air Algérie ainsi que sa filiale Catering tiennent à apporter un démenti formel aux allégations mensongères et calomnieuses avec intention de nuire à l'image de la compagnie...Le personnel de bord confirme que, durant tout le vol, aucun passager n'a signalé un quelconque malaise lié à la consommation de la prestation servie...Une production de 2817 plateaux, de même composition (repas chaud classe économique), a été fournie à bord de plusieurs vols qui ont opéré durant cette journée tels que Istanbul, Paris, Djeddah, Montréal». Quatre jours passent sans aucune réaction. Et puis, comme sortie d'une boîte maléfique, une revue, «Le courrier de l'Atlas», éditée en France, publie, le 12 avril, un entretien réalisé par un de ses pigistes avec «Ines Anane, artiste franco-algérienne de 32 ans». Cette jeune femme nous apprend qu'elle fait de fréquents allers-retours entre Paris et Alger parce qu'elle «travaille sur des projets artistiques». Elle poursuit: «Le
2 avril, j'ai quitté Paris parce que je trouvais important d'être avec mes frères algériens. Je voulais être à leurs côtés pour manifester pour le changement.» Question du «journaliste»: «Le 6 avril, vous embarquez donc dans un vol d'Air Algérie....». Réponse de l'artiste: «Oui. Comme d'habitude, une fois dans les airs, on nous a servi des plateaux repas. J'ai blagué en regardant la dinde et j'ai dit à ma voisine «Putain Air Algérie ils servent de la dinde, ils sont encore en retard, c'est pourtant pas Noël!». J'étais loin d'imaginer la suite...». Question du «journaliste»: «Que s'est-il passé donc?». Réponse de l'artiste: «Je n'avais pas beaucoup faim, j'ai donc mangé qu'une bouchée de cette viande. Que se serait-il passé si j'en avais avalé plus?». Question du journaliste: «Vous ne décidez pas pourtant d'aller à l'hôpital le lendemain?». Réponse de l'artiste: «Je me dis encore une fois que c'est passager. J'ai eu tort. J'ai commencé ensuite à vomir, à avoir de la fièvre, beaucoup de fièvre, jusqu'à 40 degrés. La deuxième nuit a été encore plus dure. J'avais des douleurs atroces, des contractions horribles...C'est un miracle que je n'ai pas convulsé...». Question du «journaliste»: «Comment pouvez-vous êtes certaine que la viande servie par Air Algérie est responsable de votre intoxication?». Réponse de l'artiste: «Ce sont les médecins de l'hôpital de Senlis qui ont fait ce diagnostic! Et puis, après avoir lancé un appel sur les réseaux sociaux, quatre personnes ayant voyagé avec Air Algérie le 6 et le 7 avril ont pris contact avec moi. Elles aussi ont été victimes d'intoxication alimentaire. D'ailleurs, nous avons décidé tous les cinq de mener une action en justice. J'espère qu'il y aura un procès. C'est trop grave pour ne rien faire: je rappelle que j'ai failli mourir.» Fin de l'entretien. Quatre jours passent sans aucune réaction. Le même pigiste de la même revue, revient sur le sujet avec un article au titre «Air-Algérie-intoxications en série sur des vols Alger-Paris». Dans le texte, le cas de l'artiste Ines Anane est rappelé. Le «journaliste» raconte qu'après avoir «lancé un appel sur les réseaux sociaux» l'artiste a reçu sept (elle avait dit quatre) réponses de victimes «comme elle d'intoxication alimentaire». Il est aussi question de plaintes contre Air Algérie. Un autre gros mensonge s'est «glissé» dans l'article. Dix jours après les faits, le pigiste ose dire qu'«aucune communication de la part d'Air Algérie qui semble prendre ce problème à la légère malgré la gravité des faits.». Un vrai journaliste aurait pris connaissance du démenti d'Air Algérie. Le lendemain, c'est le quotidien français Le Parisien qui prend le relais. Toujours pas de réactions malgré cette reprise. Presque un mois après, le 12 mai dernier, c'est le site Algérie-Part qui publie des documents médicaux liés à cette affaire. Le site dirigé par le très courageux Abdou Semmar n'a pas été très regardant. Le premier document à l'en-tête d'un hôpital «certifie qu'un enfant a été hospitalisé du 10 avril au 12 avril». Sans autre précision. Le second est illisible et le troisième un certificat médical antidaté et signé le 17 avril pour attester d'une consultation ayant eu lieu le 9 avril. Un tel acharnement, basé sur du vent, n'est pas sérieux. Il tente de ternir l'image d'Air Algérie qui est notre pavillon national, ne l'oublions pas. Pendant la décennie du terrorisme, les avions de notre compagnie n'avaient pas le droit d'atterrir à Paris. A chaque fois que le pays est en difficulté, la compagnie nationale aérienne est la cible d'officines. Un conseil à Ines Anane, si elle existe, une autre fois voyagez avec une autre compagnie. Ne prenez plus le risque de mourir! Et foutez-nous la paix! Air Algérie, c'est notre emblème national!