PALAIS DE LA CULTURE MOUFDI-ZAKARIA

M'hamed Yacine dans une ambiance festive

Le chanteur hawzi M'hamed Yacine a animé jeudi soir à Alger un concert de musique andalouse, dans une ambiance festive devant un public nombreux. Accueilli au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Kouba, le récital, d'une heure et demie de temps, a réuni une vingtaine de pièces, entre «inqilabet» et extraits de «noubas», brillamment rendues dans une variation modale scindée en trois parties, par le chanteur M'hamed Yacine, à la voix limpide et étoffée, accompagné par un orchestre de sept musiciens professionnels. Dans le mode «Raml El Maya», d'abord, le chanteur, également au violon électrique, a étalé les pièces, «Rit er'rayad» (inqileb), «Dakhil hasbek ya oueld et'tir» (N'çraf), et dans le mouvement «khlas, ««Ya saki weski habibi», «Rimoun ramatni cheghiftou biha» et «Rebbi Ya Moudjib Aâbdou».
Entamant la deuxième partie dans le mode «Sika», M'hamed Yacine a enchaîné avec «Taht el yassamine fel'lil», une valse qui a embarqué l'assistance dans une randonnée romantique, «Ya badiâe el hosn» (istikhbar vocal), «Sir ya naker lahçen» (melhoun) et «Selli houmoumek», au rythme ternaire qui a incité le public au déhanchement, dans une atmosphère de grands soirs. Les instrumentistes, Mansour Brahimi à la mandoline, Mohamed Réda au piano, Arslène au luth et Imed Houari au qanun, ont fait montre de toute l'étendue de leurs talents respectifs dans des envolées de virtuoses, lors d'introductions en solo ou en réponses aux interprétations du chanteur avec un soutien orchestral dense et diversifié, soumis à une section rythmique des plus originales, conduite par Djamel Boughanem à la basse électrique, Mounir Baâdj et Fouad Berbère aux percussions.
Les pièces au ton relevé dans le mode «Djarka», «Ma ken'chi aâchiq b'hali», «Sbart mazelt nesbar», «Ma yebli sadr ahnin», «Men choufet en'ndjal» et «Had el gharam li k'temtou» ont donné de l'entrain à l'assistance qui a manifesté du répondant au «ténor» et son équipe, par des applaudissements nourris et des «youyous» répétés. Dans une prestation de haute facture, M'hamed Yacine, séduisant par sa présence et maîtrisant son «métier» d'artiste, a conclu avec d'autres pièces du terroir andalou et chaâbi, à l'instar de, «Mazal haï mazal», «Zinek hawalni», «Wahd el ghoziyel». Né en 1972 dans une famille de mélomanes, M'hamed Yacine s'initie très jeune à la mandoline et rejoint le conservatoire de Kouba, où il est encadré par des professeurs de renom, à l'instar de Bachir Mazouni, Nachid Bradaï et le regretté Mahmoud Mesekdji, avant de décrocher, en 1987, ses premiers diplômes d'interprète et d'instrumentiste. En 1990, il poursuit sa formation à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Kouba, où il étudie le violon comme spécialité et obtient en 1994 une licence en musicologie qui lui permet de professer dans un lycée à Alger où il enseignera pendant cinq ans. Imprégné, selon ses musiciens, de «tous les styles de musique algérienne» tout en restant «attaché au genre andalou», M'hamed Yacine compte à son actif trois CD, «Album hawzi» (2005), «L'été en fête» (2006) et «Album 2015», confiant à l'APS qu'il «prépare un nouvel opus pour l'année 2018». Organisé par la direction du Palais de la culture Moufdi-Zakaria, sous l'égide du ministère de tutelle, le concert de musique hawzi de M'hamed Yacine a été programmé pour une représentation unique.