YASMINE AMMARI, CHANTEUSE ET COMÉDIENNE ALGÉRIENNE, À L'EXPRESSION

"Faire The Voice, m'a rendue plus forte"

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Elle a rejoint récemment le casting de la seconde saison de la série El Khawa qui passe tous les jours sur la chaîne télé El Djazairyia One. Elle incarne le rôle d'un gentil médecin. Mais juste avant, vous n'avez, sans doute pas pu la rater dans l'émission The Voice où elle a subjugué à la fois les coachs et les téléspectateurs par sa magnifique voix.Un mélange à la fois de douceur et de feu, cette jeune femme avait ébloui en l'espace de quelques semaines ses fans algériens qui la connaissent depuis un moment puisque Yasmine Ammari ne tombe pas du ciel dans le milieu de la musique, mais possède un passé chargé qui l'a confortée dans son choix d'aller encore plus loin. La nièce du célèbre metteur en scène Abdelkader Alloula n'a alors que 6 ans, en effet, lorsqu' elle fait sa première apparition dans une émission télévisée où elle chantera «Hamliyi» en duo avec son père, Bouzid Ammari, un auteur-compositeur. Depuis, sa carrière n'a pas arrêté d'avancer que ce soit en Algérie ou à l'international. Yasmine Ammari à la palette vocale bien large est prête à séduire le monde. Mais son désir d'aller encore plus loin est tenace. Malgré quelques projets ici et là, certains non aboutis et une certaine notoriété méritée, la chanteuse de Koulouna Djazairyine espère briller encore. Et c'est tout à son honneur. Notons que la jeune artiste a eu la chance d'être choisie pour représenter artistiquement la candidature d'Oran pour les Jeux méditerranéens de 2021. En 2016, Yasmine sort un album de variétés qui s'intitule «Baba», imprégné de sonorités méditerranéennes. Retour dans cet entretien sur sa fabuleuse expérience dans The Voice non sans parler de son aventure dans le feuilleton préféré des Algériens, à savoir El Khawa...

L'Expression: Un mot sur votre expérience à the Voice<BR>Yasmine Amari: J'en garde un très beau souvenir. The Voice fut pour moi une expérience des plus enrichissantes que ce soit sur le plan humain ou professionnel. J'ai eu de très belles rencontres. The Voice c'était magnifique. Je ne m'attendais pas à ça. C'est la production de l'émission qui m'a contactée et invitée à y prendre part. J'ai hésité avant d'y aller car j'avais peur de mon public algérien. Peur qu'il me reproche le fait d'y participer alors que je suis une chanteuse déjà reconnue ici. Je me suis dit que c'était une chance d'être reconnue là-bas aussi. D'avoir en plus, un large public européen. Pour moi c'était une occasion de faire des rencontres, parce que ce n'est pas facile de nos jours d'avoir des contacts, c'est pour cela que j'ai fait The Voice et en même temps pour représenter l'Algérie.

Avez-vous constaté des répercussions suite à votre participation dans The Voice?
Pas encore. La finale a eu lieu dernièrement. On m'a certes invitée à y prendre part, mais je ne pouvais pas y aller parce que j'avais du travail avec la série El Khawa.

Que vous a-t-elle appris ou apporté cette émission?
Je suis devenue encore plus forte. Je n'ai pas du tout la grosse tête, mais je me sens plus fière. Je sens que je suis plus forte moralement et psychologiquement. Car, quand tu as des professionnels qui te disent que tu es une diva et que tu chantes bien, tu te dis: «Je n'ai pas fait tout ce parcours pour rien!». Il y a eu quand même une reconnaissance. J'ai appris que le public français n'a rien à avoir avec le public algérien. On attend de toi autre chose, plus de simplicité. Chez nous on peut faire ce qu'on veut sur scène, les gens aiment que les choses soient plus colorées, mais là-bas, c'est plutôt délicat, il faut être plus soft et simple.

Vous ne pensez pas que ce titre, pas assez commercial, Historia de un amor vous a desservie un peu dans le cadre de la compétition? Que c'était très risqué? Comment s'est fait donc le choix des titres?
Ce morceau c'est moi qui l'ai choisi. Oui, c'était risqué mais la vie est un risque. J'ai risqué effectivement, mais je me suis dit que je n'allais pas sortir sans chanter en arabe. Pour moi l'arabisation de ce morceau, en partie, c'était un hommage à mon public et à l'Algérie. Je représente l'Algérie. Je ne renie pas mes origines, mes racines. J'ai voulu faire ça pour l'Algérie et j'en suis fière. Sinon, on ne choisit pas toutes les chansons, en fait. Certaines ont été imposées. Celle que j'avais choisie est la Mama de Charles Aznavour. Je voulais vraiment interpréter ce titre-là. Ça me tenait vraiment à coeur ainsi que la chanson Historia de un amor de Luz Casal.

Avant de parler de la comédie, vous évoquiez le mot interprétation, vous faites bien de le souligner car tout le monde aura remarqué que vous habitez carrément vos chansons. Vous les incarnez sur scène. Vous êtes une bonne comédienne, juste la forme d'art qui change..
Je pense que la musique et le cinéma sont liés. Quand on chante une chanson, on rentre dans la peau d'un personnage et c'est comme ça qu'on raconte son histoire, sauf qu'au cinéma on ne le chante pas, on le parle ou on le vit.

Parlez-nous donc de votre expérience dans le feuilleton El Khawa dont c'est votre première participation..
Ce fut une magnifique expérience. C'est un rôle qui n'a rien à voir avec le précédent, c'est-à-dire Razan que j'avais joué dans Achour El Acher. Razan était autoritaire et extravagante alors que là, je joue un rôle plus sobre. Il s'agit d'une femme comme n'importe quelle autre femme algérienne. Il s'agit d'un médecin. Elle est généreuse et serviable. Elle tombe amoureuse de quelqu'un qui se trouve être amoureux de sa meilleure amie. J'ai adoré de le jouer. Je trouve ça délicat en même temps très excitant d'avoir à interpréter des rôles comme ça.

Comment s'est fait l'apprentissage de ce rôle?
Quand je lis le scenario j'oublie qui je suis. Je vis le personnage, je ne le joue pas. Pendant un mois j'étais Lydia. Il faut être un peu schizophrène (sourire), mais parfois ca me fait peur, parce qu'on oublie qui on est. On est dans un autre monde quand on joue...

Ne comptez-vous pas prendre des cours pour vous améliorer en tant que comédienne?
Je pense que le talent, soit on l'a, ou on ne l'a pas. On peut prendre des cours pour perfectionner son don. Je n'ai jamais pris de cours. Ces derniers se résumaient à mes week-ends au théâtre. Je regardais souvent les pièces de théâtre de Abdelkader Alloula qui était mon oncle d'ailleurs. Je pense que c'est ça qui m'a un peu aidée à aimer ce que je fais maintenant. Et j'étais tellement subjuguée et attirée par ce monde-là que maintenant je vis et évolue dedans. J'en suis ravie! Je suis devenue carrément une droguée par ce milieu. Je veux jouer encore et encore dans davantage de films, plus de séries et la musique je ne l'oublie pas, bien sûr! Il faut juste savoir organiser sa vie. C'est tout. Je peux faire les deux comme j'ai pu faire El Khawa et The Voice en même temps. C'était à la même période. J'espère continuer ainsi et avoir encore plus de succès.