CONCERT DE NASSIMA CHABANE À LA SALLE EL MOUGGAR

L'andalou sur un plateau en or

Par
image

Comme prévu, la chanteuse de musique andalouse est venue, samedi soir, à la rencontre de son public, qu'elle abreuvera, de sa voix suave, de nombreuses chansons du patrimoine...

Bien que le public ne se soit pas déplacé en masse, la chanteuse a fait abstraction de cet écueil et déception pour transformer son concert en un échange bien chaleureux avec lui. C'est placée dans le cadre de notes au féminin que Nassima Chabane s'est donc produite sur initiative de l'Onci samedi soir. Avec classe et élégance, la chanteuse de musique andalouse a ouvert son tour de chant par le morceau «Rana djinek», accompagnée de son orchestre masculin, où l'on pouvait discerner les sons du piano, du banjo, la derbouka, le violon et bien d'autres instruments typiquement propres à ce genre de récital musical. «Merci d'être là pour m'accompagner dans ce beau voyage» s'est-elle adressée en préambule à l'assistance avant de confier que ce concert avait pour but de rendre hommage à toutes ces femmes qui vivaient dans un milieu conservateur, mais qui ont bravé l'interdit pour se lancer dans la chanson. Et de citer les noms de Maâlma Yamna, Chikha Titma, Meriem Fekkaye, Fadila Dziria, mais aussi Seloua, Noura etc.
«Nous allons nous rappeler les quaâdate d'antan et rendre hommage à nos maîtres qui m'ont façonnée musicalement et sans lesquels je ne serai pas là parmi vous.» Et de citer Dahmane Ben Achour, Sadek Bejaoui, mais aussi El hadj Medjebr et El hadj Hamidou Djaïdir. «J'accorde une grande importance à l'enseignement et à la transmission. En toute modestie effectivement je fais partie de cette relève issue de cette grande lignée d'hommes qui m'ont enseigné la musique et c'est ce que j'essaye aussi de transmettre sur scène avec vous.
L'enseignement oui, mais dans les règles de l'art», fait-elle savoir, toujours le sourire aux lèvres et le mot gentil à l'adresse de son assistance. Place au medh. Nassima Chabane exécute un morceau louant le Seigneur let Prophète (Qsssl). Elle enchaîne avec un morceau qui rend hommage à Alger en interprétant Bhidja Ben Dzayer de Meriem Abed et de souligner l'importance du «devoir de mémoire». Elle rappelle que parmi ses musiciens il y a Mansour, fils du célèbre Moumou que tout le monde connaît notamment après l'avoir découvert dans le fameux film Tahia ya Didou. Et de faire remarquer son côté poète révolutionnaire engagé. La chanteuse de musique andalouse fera monter la température en invitant le public à apprécier cette ambiance digne d'une célébration d'un mariage et de chanter Ouahed el ghoziyel ou encore en rendant hommage à la ville des roses, Blida. Elle n'omettra pas de lire des boukala et inviter le public à faire des «noeuds». Nassima Chabane évoquera l'ivresse spirituelle née de l'élévation que procurent la musique et ses émotions. Et de se remémorer la beauté des anciennes quaâdate en chantant Lilet el bareh et Achiyatoun. Place maintenant à la Nouba Zidane avant de finir avec une «kadirya» et de lire un subtil poème de l'Emir Abdelkader. Un poème délicat sur l'amour, la vie et l'héroïsme. Durant plus d'une heure de chant, l'artiste aura transporté le public de sa belle voix suave et enchanteresse sur un nuage de plaisir et de délicieux souvenirs.
Le public repartira souriant et conquis après avoir échangé et appris de nombreuses choses auprès de cette femme, née pour transmettre notre bel héritage musical andalou.