«UNE JOURNÉE AU SOLEIL»

Le travail de mémoire de Arezki Metref

La cinémathèque «Ouarsenis» d'Oran a abrité, samedi, en soirée, la projection d'un documentaire de Arezki Metref, «Une journée au Soleil», qui se décline en contribution au travail de mémoire, en l'occurrence l'histoire de l'émigration algérienne en France. Cette oeuvre est la plus récente dans la filmographie du journaliste cinéaste algérien qui a indiqué, lors du débat avec le public, que sa motivation majeure a été de «capter la mémoire». Tourné en France dans le café parisien «Le Soleil», le film donne la parole à des personnes ayant fréquenté ce lieu ainsi qu'à des historiens tel Benjamin Stora qui évoque la «dépossession foncière» exercée par la France coloniale en Algérie comme cause principale des mouvements migratoires. Le choix de cet endroit, le réalisateur l'explique par le fait qu'il constitue «un lieu géométrique de l'émigration», à l'instar de nombreux cafés tenus à l'époque par des Algériens.
«Le Soleil a rempli une triple fonction, à la fois sociologique, culturelle et politique», a-t-il observé, soutenant que ce café et d'autres ont «reproduit l'assemblée du village d'origine des migrants». Ces cafés, a-t-il relevé, ont donné naissance à plusieurs chansons de l'émigration, ont offert la cuisine de «chez soi», et ont servi de lieu de mobilisation à la cause nationaliste. «Une journée au Soleil» a remporté, en avril dernier, le Grand Prix du documentaire à la 11ème édition du Festival Issni N'Ourgh international du film amazigh d'Agadir (Finifa, Maroc), rappelle-t-on.