5ÈME ÉDITION DES NUITS ANDALOUSIENNES DE BÉJAÏA

Une clôture en apothéose avec Dalila Naïm

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Les familles béjaouies et leurs hôtes de ce mois sacré ont été gratifiées par plusieurs genres musicaux andalous.

Le fort Bordj Moussa a été le théâtre des soirées ramadhanesques en abritant la 5ème édition des nuits andalousiennes de Béjaïa qu'organise chaque année en cette période du mois sacré l'association culturelle «Naghma». Cette 5ème édition s'est étalée sur cinq soirées, du 31 mai au 4 juin 2018. C'est hier soir, que le rideau est tombé sur cet évènement artistique qui se tient sous l'égide de l'Assemblée communale de la ville de Yemma Gouraya. Les familles béjaouies et leurs hôtes de ce mois sacré ont été gratifiées par plusieurs genres musicaux, l'andalou dont le hawzi algérois, le malouf constantinois, et enfin le malouf annabi, et le hawzi blidéen et béjaoui. Bien que ce soit l'andalou qui ait été au coeur de l'événement avec tous ses genres, la musique chaâbie s'est aussi mise de la partie avec Abdelkader Chaou. Plusieurs artistes du genre andalou et malouf de renom ont été au programme de cette édition, dont Hamid Taleb Bendis (Tlemcen), Gadouche Mansour (Béjaïa), Abdelkader Chaou (Alger), Hamdi Benani (Annaba) et Dalila Naïm (Alger). D'autres musiciens faisant partie des associations locales de musique andalouse, à savoir l'association culturelle Naceria, l'association amicale des artistes (Béjaïa), et association El Djenadia de Boufarik (Blida), l'association Naghma et l'orchestre andalou du Palais de la culture de Annaba, ont été aussi au rendez-vous durant ces soirées, sur le site antique du fort Bordj Moussa. Chaque soirée avait son goût en matière de genre musical et d'ambiance festive créés par les différents artistes programmés. De Chaou Abdelkader à Dalila Naïm en passant par l'inamovible Hamdi Bennani, les Béjaouis ont eu droit à cinq soirées de charme et de convivialité qui leur ont fait oublier la fatigue et les difficultés du jeûne pendant la journée. Pour Cheikh h'sinou Fadli, un artiste incontournable de la scène chaâbie aussi bien au niveau local que national, membre actif de l'association organisatrice de cet événement et le précurseur de ces soirées, c'est une réussite totale sur tous les plans: «Dieu merci tout s'est bien passé. Comme chaque année depuis le lancement de ses nuits andalousiennes nous avons pu faire sortir le fort Bordj Moussa de son isolement et le rendre convivial. Ce fort est une grande partie de notre histoire. À travers ces soirées, nous avons pu le réhabiliter et lui rendre son âme et sa place parmi les sites historiques». Ce site antique, historique et culturel «Le fort Bordj Moussa» est un chef-d'oeuvre architectural qui a été construit au début du XVIe siècle par les Espagnols, plus précisément par Ferdinand de Navarro, sur les ruines du palais hammadite l'Etoile. Quelques décennies plus tard, sous le commandement des Turcs, le fort sera assiégé par les autochtones. La bataille fut rude. Sept valeureux guerriers prirent l'initiative de se sacrifier en s'introduisant dans l'enceinte du fort. Ils furent tués tous les sept par les soldats espagnols. Le premier des sept combattants portait le prénom de Moussa. En 1555, Salah Raïs Pacha ordonna à l'Espagnol Alfonso Di Peralta de quitter les lieux et Béjaïa, après sa défaite lors d'une bataille. Les Turcs occupèrent le fort, et lui donnèrent le nom de Bordj-Moussa, en hommage à un des «sept hommes». Les habitants de la ville firent du courage des sept combattants une légende: la légende de «Essabaâ R´djel» (les sept hommes).