UN HOMMAGE LUI SERA RENDU À L'OPÉRA D'ALGER

Matoub Lounès sera réhabilité officiellement

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L'ostracisme officiel dont était victime Matoub Lounès depuis toujours semble tirer vers sa fin.

En effet, l'Etat algérien est décidé et déterminé à reconnaître officiellement Matoub Lounès en tant qu'artiste exceptionnel et en tant que militant ayant oeuvré durant toute sa vie pour une Algérie plurielle où l'identité amazighe, culture, langue et histoire, aura la place qui lui revient de droit. C'est donc officiel et cette réhabilitation, inédite à l'égard du «Rebelle», sera marquée dans les toutes prochaines semaines, par un grandiose hommage qui lui sera rendu à l'opéra d'Alger. La date de la tenue de cet événement sera arrêtée en commun accord entre le ministère de la Culture et la Fondation Matoub-Lounès. Une occasion, en même temps, de célébrer de manière exceptionnelle le 20e anniversaire de l'assassinat de Matoub Lounès. Une tentative de réhabiliter Matoub Lounès, il y a une quinzaine d'années avait échoué, rappelle-t-on. Il a fallu attendre 20 ans après l'assassinat du poète révolté pour qu'enfin l'Algérie officielle le reconnaisse. Selon Azzedine Mihoubi, le ministre de la Culture, les grandes figures de la culture algérienne seront conviées à ce rendez-vous avec un artiste ayant marqué plusieurs générations de Kabyles grâce à son talent artistique hors du commun, mais aussi à son courage en tant que militant de toutes les causes justes.
Le même responsable, en marge de sa visite au siège de la Fondation Matoub-Lounès à Taourirt Moussa, a expliqué que l'Etat a décidé de réhabiliter Matoub Lounès officiellement parce qu'il s'agit de l'un des symboles de l'authenticité algérienne mais aussi d'un artiste estimé par des millions d'Algériens. «Les idées pour lesquelles s'est battu Matoub Lounès ont été toutes reconnues ces dernières années par l'Etat algérien à commencer par la langue amazighe devenue langue nationale et officielle dans la Constitution du pays. La fête de l'An berbère Yennayer, a été aussi reconnue officiellement comme journée de fête nationale chômée et payée», a rappelé Azzedine Mihoubi en marge de sa visite à la famille de Matoub Lounès au village Taourirt Moussa où il a été reçu notamment par Aldjia Matoub, la mère du «rebelle». Le représentant du gouvernement a rappelé, en outre, qu'en dépit du fait que Matoub Lounès avait été assassiné à peine quand il avait 42 ans, son parcours artistique et militant est des plus riches et des plus admirables. La preuve, a rappelé le même responsable, 20 ans après son assassinat, Matoub Lounès continue toujours de drainer les foules et à être adulé par une infinité de mélomanes des quatre coins du pays, mais aussi des pays voisins ainsi que de la communauté algérienne à l'étranger.
L'orateur a rappelé qu'en Algérie, «nous sommes en train de vivre une période de Réconciliation nationale au sens large qui comprend même la vie culturelle, c'est pourquoi, le nom de Matoub Lounès ne peut par rester en dehors de cet élan en faveur de la réconciliation», en rappelant que tout le combat mené par Matoub Lounès «a été en faveur du renforcement de l'identité nationale dans toute sa diversité». Il y a lieu de souligner que l'hommage à Matoub Lounès au niveau de l'opéra d'Alger sera organisé par le ministre de la Culture en collaboration avec la Fondation Matoub-Lounès, a indiqué Mihoubi. Ce dernier a annoncé par ailleurs que l'Etat s'engage à ériger un musée, dans la wilaya de Tizi Ouzou, dédié à Matoub Lounès pour que désormais, tous les citoyens puissent découvrir l'apport incommensurable du «Rebelle» à la musique, à la littérature et au combat identitaire en Algérie.