PROJECTION DU DOCUMENTAIRE «LES ENFANTS DU HASARD» AU FICA

Il était une fois Poudlar de Belgique!

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Un très beau film où les enfants et leur instructrice sont les héros.

Après son film «l'homme qui répare les femmes», lequel a valu à son personnage-clé de son documentaire le médecin gynécologue Denis Mukwege, consacré prix Nobel de la paix (aux côtés de l'Irakienne Nadia Murad), le réalisateur belge Thiery Michel revient avec un nouveau documentaire consacré cette fois aux enfants. Un très beau doc où les enfants et leur instructrice sont les héros de ce film qui s'ouvre par des plans aériens avant de se poser sur cette école sublimée par l'oeil de la caméra tel le château de sorcellerie de Harry Potter. La magie des images qui respirent le bonheur de l'insouciance, en effet ajouté a la bande-son qui ouvre le film, vont nous plonger dans une sorte de livre fantastique, un conte de fées, si ce n'est la réalité et les échos du monde qui parviennent notamment de la télé qui vont changer la donne. En effet, dans la petite école communale d'une ancienne cité minière, des élèves issus de l'immigration terminent leur cycle d'études primaires avec Brigitte, une institutrice dont l'enthousiasme bienveillant prépare ces écoliers à s'épanouir dans un monde en mutation. Le film suit le parcours scolaire de ces petits enfants de mineurs, majoritairement musulmans et la plupart d'origine turque. Le film les suit ainsi à l'intérieur de leur école, mais aussi dans leur virée que ce soit au milieu de la nature ou au plus profond de ces mines qui ont vu leurs grands-parents travailler et d'autres mourir par asphyxie. Le film qui oscille entre rire et naïveté, donne à voir aussi l'éveil de ces gamins aux choses de la vie lorsqu'ils sont confrontés aux images d'attentats à Molenbeek notamment ou encore aux mauvaises nouvelles, telle cette jeune adolescente qui s'est suicidée après avoir été harcelée à l'école. Dans cette bourgade appelée «Hasard», ce film donne à voir ainsi le parcours de ces jeunes adultes en devenir dont le destin les a fait naître en Belgique à la place du pays de leur origine, la Turquie. Ainsi ils sont tous de religion musulmane et parlent de religion, de voile mais aussi de leur rapport à Dieu, de leurs études et de ce qu'ils veulent faire plus tard avec candeur. Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche d'un enfant? Ainsi c'est tout le système éducation belge qui est décrit ici avec ces enfants, leurs parents, mais aussi ces fêtes de mariage et de jouissance avant que le calme ne soit perturbé par endroits par les aléas de la vie: des mauvaises notes, un mauvais comportement en cours, jusqu'à la non-obtention de son diplôme et les petits tracas de la vie. Pour autant, l'innocence de ces enfants suinte dans ce film des plus attendrissants qui nous donne une belle leçon sur le vivre ensemble et la tolérance. Ainsi, le film s'ouvre sur cette magie de l'enfance et se termine encore une fois sur cette course en vélo vers l'avenir, à la manière d'un autre film qui a marqué les esprits de toute une générations, le formidable E.T. «J'ai voulu faire casser les stéréotypes sur l'immigration. Il y a aussi des immigrations heureuses» a tenu à souligner le réalisateur à la fin de la projection du film qui a été longtemps applaudi...Un signe d'un futur prix, qui ne trompe pas.