4E ÉDITION DU GRAND PRIX ASSIA DJEBAR

Le gratin de la littérature récompensé

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Le ministre de la Culture a appelé à la création d'une «fondation éponyme qui aura pour principale mission l'organisation du prix Assia Djebar à l'instar de la Fondation Myriam Makeba...»

C'est dans l'immense Centre international des conventions d'Alger, Abdelatif Rahal, au Club de Pins que s'est tenue dimanche soir la cérémonie de remise de prix de la 4e édition du Grand Prix Assia Djebar. Une manifestation placée sous l'égide des ministères de la Culture et de la Communication, et organisée par l'Entreprise nationale de communication, d'édition et de publicité (Anep) dont le directeur installé, il y a à peine six mois est Amine Echikr ancien journaliste au quotidien La Tribune entre autres (Ndlr) et l'Entreprise nationale des arts graphiques (Enag). L'Anep qui a tracé un bon programme stratégique avec l'installation du nouveau P-DG, compte «améliorer davantage son volet édition et littérature.» C'est ce que nous a révélé le conseiller du P-DG, Hassan Gherab. Aussi, sur les 66 livres sélectionnés, 26 en arabe, 32 en français et huit en tamazight lus et étudiés, le jury du Grand Prix Assia Djebar, présidé par l'écrivaine et universitaire Aïcha Kassoul a primé par ordre de passage, Nahed Boukhalfa en langue arabe avec son livre «Sirane El rajoul el moutafaâel», sorti aux éditions Baghdadi, «Imehbal» (Les fous) de M'henni Khelifa édité chez Chikh Mohand Oulhoucine, s'agissant du meilleur roman en langue amazighe et enfin «Les yeux de Mansour» récompensé du Prix du meilleur roman en langue française pour le talentueux Ryad Girod, publié aux éditions Barzakh. Ce dernier, absent c'est sa femme qui recevra le prix à sa place. Un livre en effet très fouillé qui allie la pertinence de la forme à la beauté du fond et qui se veut riche en histoire et en philosophie sur notre temps, en faisant référence justement au passé, notamment des Arabes, mais aussi à l'Occident. Les lauréats ont reçu leur prix, assorti d'une récompense financière d'un million de dinars. Dans la succession des allocutions de bienvenue, c'est le ministre de la Communication Djamel Kaouane qui ouvrira le bal en soulignant la grande valeur de l'académicienne Assia Djebar qui était «attachée à sa patrie et son identité» et d'ajouter: «Elle a rehaussé le drapeau algérien de par le monde, mais aussi fait rayonner la beauté des droits humains et la littérature algérienne de façon universelle». Pour sa part, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a appelé à la création d'une fondation éponyme qui aura pour principale mission l'organisation du prix Assia Djebar à l'instar de la Fondation Myriam Makeba lancée cette année. «Cette institution aura pour principale mission l'organisation du prix Assia Djebar, que l'Anep et l'Enag devront subventionner et soutenir afin de lui donner une dimension internationale.» Il est bon de noter que le jury était composé notamment de Hamid Abdelkader, journaliste et écrivain, l'animateur et critique de litérature Youssef Sayeh et Achour Fenni, traducteur et universitaire algérien. Evoquant le travail qui lui incombe avec ses camarades jurés, Aïcha Kasoul qui s'est félicitée de voir ce prix atteindre sa vitesse de croisière, s'adressera sans ambages aussi aux éditeurs en évoquant la qualité des livres reçus. «Je pense que le livre est comme un bébé. Il ne suffit pas qu'il naisse, il faut aussi qu'on s'en occupe. Il faut lui faire sa toilette, l'habiller et le rendre le plus beau possible et ça, c'est le travail de l'éditeur. Nous avons souvent constaté avec mes collègues que si le contenu était bon, le revêtement, l'habillage, la couverture, les fautes qui étaient à l'intérieur des livres nétaient, par contre, pas dignes de mériter le prix Assia Djebar qui devient un prix prestigieux. S'agissant du contenu, elle relèvera «nous avons fait un voyage qui nous a menés du Moyen-Orient jusqu'en Amérique en passant par l'Afrique et l'Europe, nous avons constaté à ce moment-là, que c'était une très bonne nouvelle de s'apercevoir que la littérature algérienne ouvrait ses frontières et ses horizons et qu'elle n'était plus cantonnée dans les frontières nationales.» Enfin arrivée en retard, la lauréate en langue arabe, qui, en recevant son trophée n'a su cacher son émotion, confiera en remerciant «ceux qui m'ont causé cet état dans lequel je suis maintenant et Dieu sait comme j'en avais besoin, moi qui suis venue jusqu'ici difficilement de Tébessa...». Paru en 2018 aux éditions El Baghdadi, «Sirène, destination d'un homme optimiste», lève le voile sur des questions de société, notamment la condition de la femme et la vie paysanne à travers l'histoire d'un enfant de Tébessa.