TAMAZIGHT

L'oralité a sauvé le patrimoine

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Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec le développement historique et économique de ces sociétés et du bouleversement technologique.

La tradition d'oralité joue encore aujourd'hui «un rôle significatif» dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine historique amazigh, a soutenu Sadi Kaci, enseignant au département de langue et culture amazighes de l'université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, lors d'une rencontre autour de la littérature amazighe entre oralité et écrit. Rencontré lors de la célébration du troisième anniversaire de l'officialisation de Tamazight, l'universitaire a expliqué l'usage de l'oralité par les sociétés amazighes, par «leur mode de vie en société, rudimentaire et peu complexe, qui se suffisait largement de l'oralité pour être exprimé. «Une veillée auprès d'un feu ou une séance de Tajmaât (assemblée) suffisait pour apprendre suffisamment de choses» a-t-il souligné. L'oralité, a-t-il estimé, «a joué un rôle important dans la sauvegarde du patrimoine historique amazigh et est parvenue à le léguer à la modernité par l'écriture».Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui avec le développement historique et économique de ces sociétés et du bouleversement technologique. Cependant, a-t-il relevé, «l'oralité se modernise aussi et peut s'offrir une nouvelle vie à travers cette même technologie», faisant remarquer qu'«un reportage radiophonique est une expression de l'oralité de même qu'une vidéo diffusée sur internet ou à la télé contient de l'oralité».
Elément structurant du récit, et donc du savoir, l'oralité a constitué «un élément de sauvegarde du patrimoine dans les sociétés maghrébines qui se caractérisent par leur culture orale et l'absence d'écritures, mais qui parvenaient à assurer la transmission du savoir» a-t-il souligné, illustrant son propos par l'histoire des zaouïas en Kabylie et leurs rôle dans la transmission de la religion. «Leur action n'aurait jamais réussi sans la collaboration des savants autochtones», a-t-il dit, expliquant qu'à l'époque, l'écriture «était l'apanage d'une minorité sociale, les mourabitines, qui avaient un savoir scriptural en arabe, mais la transmission et l'adaptation du Coran, dans la société Kabyle à tradition orale, s'est faite par l'oralité grâce aux savants autochtones». «Word Press Photo 2018»expose au musée d'artmoderne d'Oran la photo de presse dans toute sa splendeur. Le musée d'artmoderne d'Oran (Mamo) accueillera du 18 au 28 février courant l'exposition «Word Press Photo» qui présente le meilleur journaliste visuel de l'année 2018, apprend-on de la directrice de cet établissement, Bouchra Salhi. Cette exposition itinérante présente, selon Mme Salhi, les oeuvres des gagnants du concours «World Press Photo 2018» et sera présentée au Mamo avec le soutien de l'ambassade du Royaume des Pays-Bas à Alger. Oran est ainsi la deuxième ville algérienne à accueillir cette grande exposition de photographie de presse après Alger, rappelle Mme Salhi, ajoutant que cette exposition itinérante, qui enregistre la participation de 125 pays du monde entier, a déjà sillonné 45 pays (une centaine de villes). Pas moins de 4.548 photographes ont pris part à ce grand évènement culturel qui a permis d'exhiber 73.044 photographies de presse. Le vernissage de l'exposition est prévu pour le 17 février en fin de journée, indique la même responsable.