Tewfik Khelladi, le DG "unique" de l'Entv

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Etre directeur général de l'Eptv n'est pas de tout repos, être à la tête du premier «média lourd» du pays, n'est pas donné à tout le monde et pourtant cette mission a été remplie avec brio par l'actuel patron de la Télévision nationale, Tewfik Khelladi. Malgré son poids «plume», Khelladi a su porter très haut la charge de sa mission. Depuis qu'il a été nommé DG de l'Eptv en février 2012, en remplacement de Abedelkader Lalmi, il a su donner une nouvelle image, plus sobre et surtout axée sur le service public de la télévision. Khelladi qui a fait un passage fructueux par la radio, voulait faire changer les choses dans l'audiovisuel algérien. Pour cela, il a commencé par les lois qui régissent l'audiovisuel. En fin diplomate, il a d'abord réussi à renforcer les liens de la télévision publique algérienne avec les organisations audiovisuelles internationales. Tewfik Khelladi qui avait commencé par être réélu à Rome pour un second mandat de deux années au Comité radio de l'Union européenne de radiodiffusion (UER), avant de basculer vers l'Assemblée générale de l'Union africaine de radiodiffusion (UAR), où il a été élu à Dakar, comme président en exercice de l'union. Renforcer les pouvoirs
a des radios et des télévisions publiques face à la menace des monopoles des télévisions privées était sa première mission. Avant d'être responsable d'une entreprise, le DG de l'Entv a puisé son charisme et son autorité dans son parcours politique lors de son passage au quotidien Alger républicain. Son arrivée à l'APS, d'abord en tant que correspondant à Bruxelles, puis en tant que directeur de l'information, dans l'agence gouvernementale, a créé en lui cette notion de communication ouverte. On se souvient quand il nous a accueilli à l'APS pour une formation le 8 janvier 1996, quand l'information de la mort de Mitterrand, avait créé une ambiance particulière à l'agence, Tewfik Khelladi a poursuivi sa mission de formateur, tout en restant branché sur les téléx et les fax pour les réactions. Il avait le sens de la communication et du dialogue, mais ne se laissait marcher sur les pieds. Al Jazeera Sport l'a appris à ses dépens, car elle a découvert un directeur de la télévision algérienne totalement imperturbable et intraitable face au monopole de l'ogre qatari. Durant son règne, Khelladi n'a pas cédé d'un iota face aux patrons d'Al Jazeera Sport et plus tard face à beIN Sports. Il est même connu pour être l'homme qui a barré la route aux Qataris dans le commerce des droits de retransmission TV de la coupe d'Afrique et de la coupe du monde. Il est le seul à avoir convaincu le Premier ministre, Abdelmalek Sellal de ne pas acheter les droits de la coupe d'Afrique 2016, car il ne voulait pas servir de gagne-pain à Nasser El khelaïfi. La décision de ne pas acheter les matchs de la CAN 2016, même si l'Algérie avait les moyens de le faire, a signé la fin du monopole qatari sur les droits TV dans la région Mena. L'homme a une nouvelle fois démontré son autorité en refusant le diktat de Not Found, la société de production algéro-tunisienne qui a voulu imposer ses productions à l'Eptv. Khelladi sera l'homme qui dira non au diktat pour imposer une production audiovisuelle locale et donner libre cours à la création télé algérienne.