Rachid Arhab ignoré par Canal Algérie et les télés privées algériennes

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Rachid Arhab, journaliste franco-algérien et ancien membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) français, qui était l'invité du Salon international du livre d'Alger dans le cadre de la présentation du livre Quatre nuances de France avec l'ambassadeur de France en Algérie M.Xavier Driencourt, est dans notre pays depuis une semaine, mais malgré son passé audiovisuel, Rachid Arhab n'est présent sur aucune chaîne de télévision algérienne pour parler d'audiovisuel.
Son seul passage visible était sur Radio M (une radio sur le Net) appartenant au site électronique Maghreb Emergeant. A cela s'ajoute une interview dans un média électronique algérien installé en France. Et pourtant, Rachid Arhab est une sommité dans le domaine audiovisuel et son expertise est très importante. Premier journaliste français d'origine maghrébine à présenter le JT de 20h sur une télévision française, Rachid Arhab a été membre du CSA durant plus de quatre ans. Son mandat avait pris fin en janvier 2013. Durant trois ans, après la fin de son mandat (c'est-à-dire jusqu'en 2016), il n'a pas le droit d'exercer un métier dans l'audiovisuel en France. Et pourtant, il peut travailler avec les télévisions algériennes, mais personne dans le domaine n'a cru bon de solliciter ses services afin de diriger une télévision ou même comme expert ou consultant pour construire une télévision algérienne. Après une période de disette, et une période d'inspiration où il écrit des livres, le journaliste franco-algérien, Rachid Arhab est retourné au paysage audiovisuel français et s'adapte aux télévisions de la TNT. En février 2017, il arrive sur CNews pour participer avec Patrick Poivre d'Arvor à l'émission de décryptage hebdomadaire + de recul présentée par Virginie Chomicki et septembre 2017, il arrive dans l'équipe de Touche pas à mon poste! sur C8 en tant que chroniqueur.
Mais en Algérie, l'un des plus grands connaisseurs de l'audiovisuel en Europe est totalement ignoré par les patrons de télévision. Il n'est invité dans aucune télévision privée et encore moins sur la télévision publique et notamment Canal Algérie qui devrait prendre de la graine sur cette icône de la télévision francophone.
Malgré cette indifférence, les propos de Rachid ont été plutôt salutaires pour l'Algérie, lors du passage, sur Radio M, Rachid Arhab a indiqué que le retard accusé en matière de régulation de l'audiovisuel, notamment, permet, au moins, d'éviter à l'Algérie de se retrouver dans une situation aussi compliquée que celle vécue, actuellement en France. Rachid Arhab a tenu notamment à dénoncer un phénomène «inquiétant» très présent en France et qui existe également en Algérie. La prise de contrôle des médias par des groupes industriels. Tout en évitant de citer des noms, la critique vise notamment les groupes Haddad, Tahkout en comparaison avec Bolloré, Drahi et Berlusconi. En tout cas le manque d'intérêt pour ce spécialiste de l'audiovisuel est une grande perte pour l'avenir de l'audiovisuel en Algérie.