Profonde réforme de l'audiovisuel français

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L'audiovisuel français est sur le point d'être réformé. Les principaux responsables des médias audiovisuels publics français, comme Delphine Ernotte, patronne de France Télévisions, Matthieu Gallet directeur de Radio France, Marie-Christine Saragosse, P-DG de France Médias Monde et Laurent Vallet patron de l'INA devront remettre leurs propositions au gouvernement d'ici au 15 novembre.
Une «fusion» entre France 3 Régions et France Bleu, est envisagée par le gouvernement qui ouvre le débat à une consultation pour la révision de l'audiovisuel français.
Les ministres de l'Économie, des Comptes publics et de la Culture ont envoyé une lettre commune aux quatre présidents de l'audiovisuel public pour leur demander des propositions précises sur trois thèmes: le périmètre et les missions du service public, les coopérations à mettre en oeuvre une stratégie pour renforcer l'efficacité opérationnelle du service public. Les propositions sont attendues pour le 15 novembre.
L'objectif du gouvernement Macron est clair: réaliser davantage d'économies pour réduire les dépenses du secteur audiovisuel public. Même si le gouvernement a confirmé son attachement aux missions du service public audiovisuel, ces mesures vont affaiblir les télés publiques et donner plus de poids aux télévisions privées. Mais il souhaite ardemment que ces missions soient mises en oeuvre avec une économie de moyens. Le gouvernement français a déjà commencé par imposer d'office des restrictions budgétaires dès l'exercice 2018. Le Premier ministre a exhorté les patrons de l'audiovisuel public à réfléchir à toutes ces questions sans tabous ni fantasmes. Depuis, les quatre présidents travaillent à la rédaction d'un texte commun. Ils vont proposer des projets fusionnés et une mutualisation de services généraux comme les achats ou la formation.
Afin d'encourager les présidents de l'audiovisuel public à aller de l'avant, le gouvernement avance une carte maîtresse, celle de la réforme du mode de nomination des présidents de l'audiovisuel public. Le candidat Emmanuel Macron l'avait exprimé: la nomination par le CSA n'est pas la meilleure solution. Ni d'ailleurs un retour à la nomination directe par l'exécutif, qui a affiché ses limites durant la présidence de Nicolas Sarkozy. Deux propositions sont à l'étude. La première serait de réformer le mode de nomination des présidents de l'audiovisuel public en le confiant aux conseils d'administration de ces sociétés. La deuxième serait de rapprocher les échéances des différents mandats afin d'avoir une vision générale du fonctionnement de l'audiovisuel public.
Cette réforme devrait être examinée dans le cadre d'une nouvelle loi audiovisuelle qui pourrait être adoptée en 2018 à l'occasion de la transposition de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA).