Les films algériens "de chevet" des présidents français

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La France domine l'économie en Afrique, mais pas seulement. La culture fait partie de ses ambitions les plus démesurées afin de garder une emprise sur ses anciennes colonies et la coproduction cinématographique demeure la meilleure arme pour garder un pied dans un pays. Cette année, la France a coproduit 26 films qui sont en course aux Oscars, dont quatre sont des coproductions majoritaires. L'année dernière, 17 films de coproduction française figuraient parmi les 85 prétendants à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Cette année, avec 27 films sur 92, ce sont donc près de 32% des films candidats qui ont une part de coproduction française, affirme Unifrance qui mise sur l'intense vitalité des sociétés de production françaises à l'international. Alors que le président français Emmanuel Macron est en visite en Algérie, on lui propose des films coproduits avec la France à regarder avant sa venue en Algérie. Comme tout responsable français, Macron souhaite comprendre la jeunesse algérienne avant de s'adresser à elle à Alger. Il veut être l'homme d'une nouvelle génération française qui s'adresse à une nouvelle génération algérienne, écrit Libération. Pour ce faire, l'Elysée, sur proposition de l'ambassadeur de France à Alger, propose deux films pour mieux comprendre cette jeune Algérie d'aujourd'hui. On lui présente En attendant les hirondelles, de Karim Moussaoui (à l'affiche en France actuellement) et Les bienheureux, de Sofia Djama (à partir du 13 décembre), deux premiers longs-métrages financés par la France et qui sont présentés comme la nouvelle vague du cinéma algérien, et qui illustrent une Algérie qui va mal, qui le sait et qui n'en peut plus d'aller mal, commente le journal français. Bien sûr, chaque président possède son film de chevet: Chirac avait le film de Rachid Bouchareb, Indigènes et Sarkozy avait le film Hors la loi du même Rachid Bouchareb. Les deux films sont réalisés par le même réalisateur, issu de l'émigration et qui sont produits majoritairement par la France. Macron qui a voulu tourner la page douloureuse de l'Histoire n'a pas souhaité regarder un film sur la guerre de libération. Mais derrière chaque film il y a une attente, un message et surtout une lettre audiovisuelle bien tracée. C'est le cas pour Bouchareb, mais malheureusement pas le cas pour Moussaoui et Djama qui n'aspirent pas au même avenir. La véritable raison de ce cinéma c'est comment passer de Chroniques des années de braise de Mohamed Lakhdar Hamina que Valéry Giscard d'Estaing, avait soutenu et défendu, et comment se rappeler de la guerre avec la bataille d'Alger que la France avait rejeté.