Les télés maghrébines perturbées par le conflit MBC-Turquie

La nouvelle crise entre l'Arabie saoudite et la Turquie a créé un grand malaise dans le paysage audiovisuel arabe. Comment le Groupe MBC, considéré comme le plus important pôle audiovisuel panarabe peut-il survivre à cette situation? Comment le Groupe MBC compte-t-il remplacer les feuilletons turcs alors que ceux-là avaient réussi à acquérir un succès infaillible dans toute la région Mena? En plus des chaînes arabes de MBC, les séries turques étaient diffusées dans la région du Moyen- Orient, mais surtout dans le Maghreb. C'est la société émiratie O3 Production, qui est payée par MBC et qui vendait les séries turques aux pays du Maghreb. Donc par conséquent, le transfert des productions turques passaient par MBC. Dans cette dernière région du Maghreb, il y a le Maroc, grand acheteur de MBC et fidèle de l'Arabie saoudite, l'Algérie, un électron libre, contrairement au Maroc et surtout à la Tunisie, un pays proche du Qatar, autrement dit proche de la Turquie. Dans cette équation, l'Algérie joue sur les deux fronts. L'Entv qui n'avait pas acheté beaucoup de feuilletons turcs, a accueilli cette semaine en grande pompe le président turc Erdogan. L'Algérie a signé un accord de coopération en matière culturelle, mais pas audiovisuelle. Elle a toujours refusé d'acheter les séries qui vantaient la puissance ottomane, a préféré acheter des séries sociales, avec presque pas beaucoup d'action ou de romantisme. Elle, qui a écarté les feuilletons égyptiens depuis la crise du match de 2009, et n'a plus reprogrammé de feuilletons égyptiens. Mais entre-temps, l'Arabie saoudite se rapproche de l'Algérie et n'hésite pas à lui faire des appels du pied.
Au moment où les séries turques sont suspendues d'antenne sur MBC, Sam Barnett, le directeur général de Middle East Broadcasting Center (MBC), affirme dans une déclaration dans le mensuel BroadcastPro Middle East que l'Algérie a le potentiel pour croître de manière significative, avec 37 millions de personnes. Visant le marché de la publicité en Algérie, il affirme que les marques se précipitaient en Algérie, mais n'avaient pas pu générer de revenus publicitaires pour ce marché qui était faible. Le groupe médiatique saoudien souhaite lancer un MBC Algérie avec son pourcentage de marché publicitaire. L'Algérie, qui de par sa politique de non- ingérence dans les affaires internes d'un pays, a indiqué qu'elle n'est pas concernée par la guerre médiatique entre la Turquie et l'Arabie saoudite et que par conséquent, la situation audiovisuelle de la région influe rarement sur la question du marché algérien.