L'Entv ne souhaite pas participer à la bataille de l'audience

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Alors que les chaînes de télévision privées ont déjà fixé leurs priorités pour ce Ramadhan, la télévision publique ne souhaite pas entrer dans la bataille de l'audience. Si la chaîne Echourouk TV va miser sur sa série Raïs Corso avec Souilah en vedette, la chaîne Ennahar TV mise sur la série de Rym Ghazali Boulegroune, sachant que la chaîne El Djazaïria One mise sur son feuilleton vedette El Khawa 2, l'Entv a choisi la rigueur et la modestie dans le programme durant ce mois sacré. La télévision, qui a été touchée par les restrictions budgétaires, a choisi d'investir modestement dans le programme du Ramadhan. Elle mise notamment sur le drama, avec trois feuilletons, l'un réalisé par Farid Ben Moussa d'après un scénario marocain et un autre produit par la station régionale de Constantine, d'après un scénario de Fatima Zahra El-Aâdjami et un feuilleton en tamazight de Bachir Sellami. La télévision publique a également confié à de petits producteurs la mission de réaliser des sitcoms pour remplir la grille de Ramadhan pour les cinq chaînes. Des émissions culinaires sont également prévues cette année sur l'Entv, dont l'une est produite par Hedi Bouabdallah, qui a toujours offert des émissions de qualité pour la télévision publique. Pour les responsables de l'Entv, la télévision publique ne compte pas entrer dans la bataille de l'audience, car elle a une mission de service public et non commercial qui vise à faire des chiffres pour satisfaire des annonceurs. A l'Entv, on souhaite garder cette tradition de télévision familiale avec un discours de qualité. Mais en même temps, elle ne se plie pas au diktat de certains producteurs qui proposent leurs productions à des prix astronomiques. Avec une seule production d'une chaîne privée, on peut produire plusieurs programmes pour la télévision publique, a affirmé un responsable de l'Entv. La télévision publique, qui a contribué à lancer la carrière de certains producteurs, à l'image de Djaâfar Gassem, Lakhdar Boukhers, ou encore Amel Djabrouni, se retrouve aujourd'hui entourée de superproductions réalisées avec des techniciens étrangers et financée par de l'argent dont la source est parfois non identifiée. La télévision publique est également victime de ses lignes rouges établies en tant que télévision nationale. Ainsi, la chaîne ne peut pas acheter n'importe quelle production étrangère sans avoir un droit de regard sur le scénario et surtout sur la production, ses ambitions politiques et médiatiques. C'est ainsi que l'Entv a choisi de ne pas acheter les droits de diffusion de la superproduction Haroun Rachid, produite par la société syrienne Golden Line. Après la sortie de Rym Ghazali du casting, la télévision algérienne publique avait des réserves sur le personnage de Haroun Rachid et sa présentation pour le téléspectateur arabe. L'Entv reste la seule télévision algérienne à acheter une superproduction arabe et qui n'a pas encore choisi de programme international pour ce Ramadhan.