Riyadh veut concurrencer Dubai, Le Caire et Doha dans le cinéma

Par

Après les révolutions arabes, c'est au tour de la révolution saoudienne. Les dernières mesures sociales et culturelles lancées par le prince Mohammed ben Salmane, l'héritier du trône saoudien, ont bouleversé le Monde arabe sur le plan culturel. En effet, après avoir annoncé l'ouverture du premier cinéma en Arabie saoudite, le 18 avril à Riyadh, pour la première fois depuis près de 40 ans, la France annonce l'arrivée pour la première fois de films saoudiens au festival de Cannes. Avant de lancer son industrie cinéma, l'Arabie saoudite annonce la signature d'un accord entre l'Arabie saoudite et le groupe américain AMC, pour la construction d'une quarantaine de cinémas dans une quinzaine de villes, dans les cinq ans à venir. A la différence de ce qui se passe dans la plupart des lieux publics du royaume, les hommes et les femmes ne seront pas séparés. Et le premier film qui sera projeté à Riyadh sera Black Panther, un film de super-héros américain coécrit et réalisé par Ryan Coogler. L'Arabie saoudite veut ainsi encourager le développement du cinéma dans son pays considéré comme le plus peuplé des pays du Golfe. A l'occasion de la visite du prince saoudien en France, on annonce pour la première fois que des courts-métrages saoudiens seront projetés à Cannes. Le ministre saoudien de la Culture, Awwad al-Awwad, a annoncé hier que son pays allait participer au festival de Cannes, en mai, avec notamment une sélection de courts-métrages. Cette annonce a été faite dans le cadre de la visite officielle à Paris du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui est en train de mener une campagne de séduction auprès des Occidentaux pour les persuader d'accompagner la modernisation du royaume. Mais comme l'audiovisuel, le Royaume annonce son intention à long terme de lancer son festival du cinéma et concurrencer directement le festival de Dubai, Le Caire ou encore Doha. Les Saoudiens qui ont financé indirectement certaines productions à travers leurs chaînes de télévision MBC et des groupes de sociétés libanaises à capitaux saoudiens entendent cette fois s'afficher ouvertement dans cette bataille cinématographique arabe. La filmographie saoudienne se limite à quelques films seulement: en 2006, seuls deux longs-métrages et un documentaire avaient été réalisés en Arabie saoudite. En 2013, le film Wadjda sera le premier long- métrage officiel produit par le pays. L'Arabie saoudite est un pays très conservateur, et, bien qu'il n'y ait pas légalement de cinémas, au sens de lieux publics de diffusion, dans le royaume, de nombreux Saoudiens regardent, dans le cadre familial, des films par la télévision satellitaire, internet, ou bien regardent des DVD et des cassettes vidéo. La seule exception est un cinéma Imax qui se trouve à Khobar au musée des sciences Scitech. Keif al-Hal, le prétendu premier film réalisé en Arabie saoudite, a été tourné aux Émirats arabes unis, et l'actrice principale est jordanienne. Le film a provoqué de nombreux débats dans le pays, concernant la position du pays sur le cinéma, les salles de cinéma et les films.