TV5 lance ses haut-parleurs sur l'Algérie

Par

Depuis quelques mois la chaîne TV5 et sa Web série «Les haut-parleurs» réalise des reportages très négatifs sur l'Algérie. Ainsi après «habiter seule en Algérie, la galère», qui révèle que les jeunes filles ont toutes les difficultés du monde pour louer un appartement à Alger, «le parcours chaotique des diplômés en Algérie», qui enquête sur les difficultés des diplômés algériens à trouver du travail, «une slameuse algérienne contre les maux de l'Algérie» ou encore «le métal en Algérie» qui nous montre les difficultés des adeptes du hard rock en Algérie, la série des «haut-parleurs» (tout un symbole) a consacré cette semaine un sujet encore négatif sur l'Algérie sous le titre: «Algérie, rendez-nous nos salles de cinéma», réalisé par Hanane Guendil. Dans ce reportage de 6mn, la reporter a détruit l'image des salles de cinéma en Algérie, ne montrant que les rares expériences cinématographiques coproduites par la France pour sauver le cinéma algérien. Dans ce reportage très court et ô combien incisif, on évoque des films qui n'ont pas été vus par le public algérien; «Kindil el Bahr» de Damien Ounouri, «Atlal» de Djamel Kerkar», «Les Bienheureux» de Sofia Djama, «En attendant les hirondelles», «Dans ma tête un rond-point», «Normal!», «Harragas», «Khouya» qui est un court métrage. Cette coproduction entre TV5Monde et la société Fablabchannel a pour objectif de donner une image noire des salles obscures algériennes. Sans révéler les raisons économiques qui ont poussé à cette situation, l'arrière-pensée demeure chargée de nostalgie de l'Algérie d'avant. Oubliant au passage de parler de l'absence d'une production de qualité, la reporter cite le film «Atlal» comme étant un ratage du public algérien. Un documentaire de 2 heures avec des images désolantes d'un pays dévasté par la guerre contre le terrorisme. «Atlal» qui signifie «décombre», nous renvoie vers des souvenirs sombres Ouled Allal, Bentalha, Antar Zouabri, oubliant au passage la bataille rangée qu'a menée un général-major contre le GIA sur cette terre. Ouled Allal avait été abandonné par ses habitants, et transformé en camp retranché et tous ses abords minés. Des commandos des GIA y auraient trouvé refuge. L'armée a mobilisé des blindés et des bulldozers pour ouvrir un passage dans le champ de mines. Une scène de bataille qui n'a pas été filmée à l'époque et qui ressemble à un quartier en Syrie. Cette période est passée, les Algériens ont résisté et survécu à l'horreur et aujourd'hui, une chaîne francophone à l'image de TV5 veut donner une image noire d'un pays en pleine reconstruction. Malheureusement, il y a des personnes qui, pourtant, sont chargées de faire la promotion du cinéma algérien qui approuvent cette démarche, c'est le cas de Manel Gougam qui, pourtant, avait une émission de cinéma qui fait la promotion du jeune cinéma algérien et qui aujourd'hui salue cette démarche qui vise seulement à noircir un tableau en finition.