Le piratage audiovisuel engendre une perte de 1,20 milliard d'euros en France

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Au moment où le DG de l'Onda dénonçait le piratage par des chaînes algériennes de films étrangers, un cabinet d'experts a annoncé que le piratage audiovisuel en France a occasionné des pertes qui s'élèveraient à 1,18 milliard d'euros en 2017. En effet, le cabinet EY (anciennement Ernst & Young) s'appuie sur le rapport de l'Alpa, les données Médiamétrie, ainsi qu'une enquête de terrain auprès de 3000 individus ayant consommé des contenus vidéo de façon illégale au cours des 12 derniers mois, pour évaluer le manque à gagner lié à la consommation illégale de contenus audiovisuels en France.
Pour la filière cinématographique et audiovisuelle française, ce manque à gagner serait de 1,18 milliard d'euros en 2017. EY souligne que c'est une baisse de plus de 10% par rapport à 2016 (1,35 milliard d'euros).
Ses chiffres ont été commandés par l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa), qui a publié les résultats de son étude «La consommation illégale de vidéos en France» pour 2017. Elle a été réalisée en partenariat avec le CNC et Médiamétrie.
La méthodologie du cabinet d'audit s'appuie notamment sur le «potentiel de conversion de l'illégal vers le légal, par contenus et selon la fenêtre de diffusion concernée dans l'hypothèse où les contenus ne seraient pas disponibles illégalement». Un potentiel de conversion qui est souvent sujet à caution.
Dans son rapport, l'Alpa avait mis en avant l'essor du piratage des retransmissions sportives en live streaming qui touche essentiellement le football. Par exemple, le match aller entre le PSG et le FC Barcelone en Ligue des champions aurait été suivi par 332.000 internautes pirates sur un total de 1,6 million de téléspectateurs (21% d'audience dite pirate).
Ces chiffres du piratage seraient plus importants si l'on venait à recenser le piratage dans la région du Maghreb. Les Algériens regardent les programmes de Canal+ et de beIN Sports de manière illégale.
Les pirates sur le Net sont définis comme ceux ayant eu au moins un contact avec un site dédié à la contrefaçon audiovisuelle (films, séries, sport...) au cours d'un mois sur ordinateur, mobile ou tablette. Il peut s'agir de sites de P2P, téléchargement direct, streaming, live streaming. Mise à jour mensuellement, une liste «noire» contient plus de 2000 liens, applications et plates-formes. Il existe 12 millions d'internautes pirates recensés, l'Alpa souligne que c'est une baisse de deux millions en deux ans.