Nessma TV devenue illégale en Tunisie, interviewe Caïd Essebsi

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La chaîne tunisienne Nessma TV, qui est très regardée en Algérie, risque de disparaître ou d'être sanctionnée. En effet, la Haute autorité indépendante tunisienne pour la communication audiovisuelle (Haica) a décidé d'arrêter la procédure de régularisation de la chaîne privée Nessma TV.Dans un communiqué publié le 13 juillet dernier, la Haica a indiqué que cette décision a été prise conformément à l'article 50 du décret-loi n°116 de novembre 2011 relatif à la liberté de la communication audiovisuelle, et ce en raison du refus de la chaîne de Nabil Karoui d'effectuer des changements dans la structure juridique de la société Nessma Broadcast. Cette entreprise n'a pas changé son statut légal pour passer d'une société à responsabilité limitée (Sarl) à une société anonyme (SA), et ce conformément aux dispositions de l'article 4 du cahier des charges concernant l'octroi d'une licence pour la création et l'exploitation d'une chaîne de TV privée.
Par conséquent, Nessma TV continue de diffuser ses programmes dans l'illégalité totale et son patron, Nabil Karoui, qui multiplie les ennemis en Tunisie, est décrié de partout. Le patron de Nessma TV, Nabil Karoui, utilise sa chaîne comme un moyen d'influence sur le gouvernement tunisien actuel. Il a mené une campagne contre le Premier ministre tunisien actuel Youssef Chahed. Pour de nombreux médias tunisiens, cette stratégie vise à masquer les dettes de la chaîne, qui sont colossales.
Nessma TV organise souvent des plateaux télévisés consacrés à faire le procès du chef du gouvernement, en utilisant des députés qui sont opposés au chef de l'exécutif tunisien. Selon les médias tunisiens M. Karoui espère aussi voir le successeur de Chahed effacer l'ardoise de quelque 15 millions de dinars tunisiens que les sociétés du groupe Nessma doivent aux services du fisc. En revanche, le patron de Nessma essaye de garder de bons rapports avec la présidence tunisienne. Nabil Karoui aurait obtenu de ses soutiens au Palais de Carthage, l'entretien avec le président Béji Caïd Essebsi. C'est ce qu'a indiqué Sahbi Ben Fredj, député d'Al-Horra (Machrou Tounès), dans un post publié sur son compte Facebook ce samedi 14 juillet 2018, en s'interrogeant sur les raisons pour lesquelles ces parties à la présidence de la République, qu'il n'a pas identifiées, pousseraient le chef de l'Etat à faire cette «interview exclusive», alors que la Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica) vient d'annoncer l'arrêt de toute procédure de régularisation de Nessma TV. Finalement le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, a donné hier soir à 21h une interview à trois médias tunisiens: Mosaïque FM, El Hiwar Ettounsi et Nessma TV. Béji Caïd Essebsi a répondu aux interrogations sur la crise politique étouffante, le gouvernement dirigé par Youssef Chahed et les problèmes qui secouent Nidaa Tounès.
Il est revenu également sur les appels à mettre un terme au consensus politique et la suspension du Pacte de Carthage II. Béji Caïd Essebsi devait s'exprimer sur le récent attentat terroriste de Aïn Soltane, le limogeage de l'ex-ministre de l'Intérieur, Lotfi Brahem et les dernières nominations au sein du MI.