Quand un ambassadeur sioniste tente d'imposer son opinion sur France 2

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Décidément la liberté d'expression n'est pas le fort de l'Etat hébreu. En effet, la diffusion du 11 octobre de l'enquête d'Envoyé spécial «Gaza, une jeunesse estropiée», n'a pas été du goût de l'ambassadeur d'Israël en France et de son aile associative sioniste du Crif.
En effet, l'ambassadeur d'Israël à Paris Aliza bin Noun, a réclamé par courrier, à la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte l'annulation pure et simple de la diffusion du reportage «Gaza, une jeunesse estropiée».
«Quel avenir pour ces jeunes Gazaouis amputés d'une jambe par des tirs de soldats israéliens lors d'une «marche du retour»?» C'est la question qu'a choisi de poser l'émission Envoyé spécial diffusée ce 11 octobre au soir sur la chaîne France 2.
Le diplomate israélien estime que l'enquête présente un «point de vue déséquilibré», s'inquiétant que ce contenu puisse «inciter à la haine à l'encontre d'Israël et ainsi avoir des répercussions directes, notamment physiques, sur les Français de confession juive». L'ambassadeur de l'Etat hébreu ose parler d'un «amalgame fréquent et désolant entre juifs et Israël».
De quel droit un diplomate étranger s'ingère dans le paysage audiovisuel français? L'armada sioniste possède une armée de médias qui défendent sa cause. Pourquoi ce diplomate sioniste interpelle une chaîne publique française qui est l'une des plus crédibles dans le paysage audiovisuel français?
Dans la bande-annonce du reportage, l'équipe d'Envoyé spécial suit Alaa, un jeune Palestinien. «C'est la première fois qu'Alaa remonte sur son vélo. La première fois depuis qu'une balle a emporté sa jambe droite et ses rêves de coureur cycliste», peut-on entendre. Les journalistes français suivent ensuite des manifestants palestiniens à la frontière israélienne, donnant la parole à plusieurs victimes touchées par des balles de l'armée israélienne. France 2 dans un souci d'équilibre a donné son micro à un porte-parole de l'armée israélienne pour donner ensuite sa version des faits. Il est clair que France Télévisions a tenu son rôle de service public en donnant sa version du conflit israélo-palestinien. Elle demeure la seule télévision dans le paysage français à dénoncer ouvertement les exactions de l'Etat sioniste d'Israël.
A la frontière entre la bande de Gaza et Israël, au moins 198 Palestiniens ont été tués et un soldat israélien est mort depuis le début de la mobilisation de la Marche du retour, le 30 mars, contre le blocus israélien. Des milliers de Palestiniens ont en outre été blessés par balles. Les manifestants réclament aussi le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont été contraints de fuir lors de la création d'Israël en 1948.