La bataille des projets sur Larbi Ben M'hidi

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Alors que le film-fiction Larbi Ben M'hidi fait toujours l'objet d'une grande polémique entre le ministère de la Culture, le ministère des Moudjahidine et le producteur réalisateur Bachir Derrais, une jeune équipe de journalistes formés à l'Itfc a produit un documentaire sur le héros de la bataille d'Alger Larbi Ben M'hidi et cela pour le compte de la chaîne qatarie Al Jazeera Doc. Le documentaire a été présenté en avant-première et avant même sa diffusion sur la célèbre chaîne El Jazeera Doc, au forum du quotidien arabophone El Hiwar.Le documentaire de 52 mn a retracé la carrière et le parcours du chef historique du FLN, de son enfance à son assassinat. Réalisé par un documentariste jordanien, mais produit par une jeune équipe de Media DZ qui était déjà spécialisée dans la formation des journalistes télévisuels, le documentaire demeure une tentative très fine pour retracer la vie du révolutionnaire de la bataille d'Alger. Peu de grands intervenants dans ce doc, si ce n'est la soeur de Larbi Ben M'hidi, Drifa, qui a donné un aperçu sur la vie de Ben M'hidi dans sa jeunesse, alors que d'autres intervenants se sont chargés de parler de son parcours de militant et de révolutionnaire. On retrouvera, notamment dans le documentaire, les moudjahidine très connus comme Daho Ould Kablia, l'ancien ministre de l'Intérieur et membre du Malg, mais également le moudjahid Benadouda. Il manquait beaucoup d'intervenants qui avaient connu le grand Larbi, à l'image de Yacef Saâdi, qui dirigeait la Zone autonome d'Alger et qui avait caché Larbi Ben M'hidi. Aucune référence également aux tortionnaires français du révolutionnaire. Autant dire qu'on est resté sur notre fin. Avec un film cinéma qui n'a pas retracé avec une grande dimension l'oeuvre de Larbi Ben M'hidi, ce documentaire qui passe à côté de son sujet, même si la mise en scène scénique est très belle, l'oeuvre de Larbi Ben M'hidi est restée incomplète. Un documentaire aurait pu retracer toute sa vie et toute sa carrière, celui que devait réaliser le regretté Malik Aït Aoudia, qui avait réalisé plus de 300 heures d'interviews et d'images d'archives. Après la mort de Malik, l'oeuvre est restée inachevée, laissant place à l'improvisation et à la récupération. Ce n'est pas la première fois que Malik Aït Aoudia oeuvrait dans cette optique de reportage. Le 9 mai 2002, il avait présenté, sur France 3, un documentaire intitulé Vol AF 8969 Alger-Paris; et en octobre 2005, sur France 5 Algérie 1988-2000, autopsie d'une tragédie. Après le doc Les moines de Tibhirine, qui était son dernier opus, La bataille d'Alger aurait pu devenir, à tous égards, son dernier testament avant de quitter cette planète.