Tarek Ben Ammar donne l'exemple de la coproduction Europe-USA

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S'il y a un producteur qui a réussi à combiner les coproductions entre l'Europe et les USA, c'est bien le Franco-Tunisien Tarek Ben Ammar. Il vient d'accompagner une coproduction européno-américaine importante, jamais montée en France. Diffusée jusqu'au 19 décembre sur TF1, La Vérité sur l'affaire Harry Quebert réunit tous les ingrédients d'une série à succès. La fiction a bénéficié d'un budget de 46 millions de dollars. Avec Ben Schnetzer (Pride), Patrick Dempsey (le docteur Mamour de Grey's Anatomy) dans le rôle principal d'Harry Québert et Kristine Froseth (Rebel in the Rye). Plus de 238 acteurs des rôles secondaires, un cinéaste confirmé Jean-Jacques Annaud et une production dirigée par le Franco-Tunisien Tarek Ben Ammar, dont la société italienne Eagle Pictures produit 18 films par an, Barbary Film et la major MGM, à qui l'on doit de prestigieuses séries comme The Handmaid's Tale, Fargo ou Vikings... ont accompagné cette série importante. A l'origine un best-seller écoulé à plus de 3 millions d'exemplaires dans le monde, qui est devenu un modèle à suivre pour les télévisions américaines et européennes, dans la guerre des contenus qui les oppose aujourd'hui aux géants du Web tels que Netflix, Amazon ou Apple. Une histoire dont l'intrigue se situe outre-Atlantique, en Nouvelle-Angleterre. Un réalisateur français mondialement connu, Jean-Jacques Annaud. Une star américaine, Patrick Dempsey, qui fut longtemps l'une des principales incarnations de la série Grey's Anatomy. «La série est un exemple de coproduction à suivre. Aux États-Unis plus qu'ailleurs, elles mettent aujourd'hui en danger les chaînes de télévision. CBS, ABC, Fox ou NBC, par exemple, savent toujours produire des séries de bonne qualité. Seulement, elles n'ont plus forcément les moyens d'investir d'énormes montants», a déclaré Tarek Ben Ammar dans un média français. «Le vrai challenge pour l'Europe, c'est d'apprendre à raconter des histoires adaptées à la mentalité et au rythme américains pour les vendre aux networks américains», estime le producteur. Même s'il est encore loin des sommes dépensées par Apple, Netflix ou Amazon, capables de mettre sur la table 100 millions de dollars par fiction, son budget n'en reste pas moins digne d'une série américaine destinée au marché des chaînes gratuites: 46 millions de dollars. Pour alléger la note, le tournage s'est effectué au Canada, ce qui a permis de récupérer 10 millions de dollars via le mécanisme des incitations fiscales. TF1 est entrée très vite dans le projet. Selon certaines informations, la chaîne française aurait déboursé un peu plus de 4,5 millions de dollars. Diffusée aux USA sur Epix, la chaîne de MGM, la série a déjà été vendue à Sky en Grande-Bretagne, à RTL en Allemagne, Movistar en Espagne, ainsi qu'en Australie ou encore au Danemark. Deux histoires traversent ce thriller, en 10 épisodes, à 30 ans de distance, nourries d'un grand secret qui va obliger les protagonistes à se remettre en question, résume le producteur qui s'est acharné pour obtenir des droits très convoités.