Le paysage audiovisuel privé sans visibilité pour le Ramadhan 2019

Par

Jamais le programme du Ramadhan n'a été aussi risqué que cette année. L'incertitude de certaines chaînes à financer leurs programmes est plus que jamais posée. Le risque économique, pour certaines chaînes et l'incertitude politique, pour d'autres, constituent une grande menace pour les programmes du Ramadhan 2019. A cela s'ajoutent les relations exécrables entre certains artistes et certaines chaînes. L'affaire Amir Dz a créé un grand fossé entre les artistes et certaines chaînes. L'absence de soutien de certaines chaînes dans l'affaire Bouakaz a sensiblement touché certains artistes. Une guerre larvée est déjà déclarée entre les artistes du premier collège et les artistes du deuxième collège. L'absence de syndicat des artistes ou d'association des artistes a créé un grand vide dans ses affaires juridiques où des artistes sont ouvertement incriminés et médiatisés. L'absence de solidarité des artistes dans l'affaire Bouakaz et Réda City 16 a révélé au grand jour les querelles cachées entre artistes. Le Ramadhan a toujours constitué un terrain de réconciliation entre artistes et producteurs. Certains artistes ont même créé des conflits qui n'existent pas pour faire parler d'eux. C'est ainsi que le producteur et présentateur Sofiance Dani, qui a été une victime dans l'affaire Amir DZ, a été du jour au lendemain transformé par d'autres producteurs concurrents et artistes ignorant des détails de l'affaire en oppresseur. La justice a été activée rapidement pour mettre en prison des artistes et des journalistes et a au même moment libéré les personnes présumées coupables. Cette situation est d'autant plus étonnante qu'aucune réaction des ministères de tutelle n'a été recensée. A cette situation juridique compliquée s'ajoute une situation socioprofessionnelle désastreuse. Ainsi, des artistes qui n'ont pas perçu leurs salaires de 2017 et de 2018, entament le Ramadhan 2019, avec beaucoup d'incertitudes et de risques, même pour les stars les plus connues. Les chaînes sont dans l'incapacité de gagner de l'argent et se retrouvent absorbées par les dettes. C'est ainsi, la chaîne Echourouk TV qui croule sous les dettes et qui refuse de fermer les chaînes budgétivores, va entamer sa troisième année dans le risque. L'année dernière, la chaîne a pu se maintenir en pôle position des télévisions les plus regardées du Ramadhan grâce à une diversification des programmes, mais surtout grâce au soutien d'une agence publicitaire qui avançait des sommes importantes pour couvrir les frais d'une programmation très riche. Cette agence résistera-t-elle à l'appétit d'Echourouk durant 2019? Même situation pour les chaînes El Djazaïria One et Dzaïr TV qui continuent de travailler sans visibilité financière et politique. Ces chaînes ont des dettes et des salaires impayés qui influent négativement sur la trajectoire du paysage audiovisuel.