Ben Salama rappelle les liens de la Nouvelle-Calédonie avec l'Algérie

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S'il y a un cinéaste spécialisé dans les causes justes, c'est bien Ben Salama. Le 29 novembre, France 3 diffusera son dernier doc sur Rocard et la crise kanak. Le réalisateur s'est intéressé à cette période où en 1988, sous l'égide du Premier ministre Michel Rocard, un accord de paix, les accords Matignon-Oudinot, est signé par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur. 30 ans après, les Calédoniens sont appelés à écrire une nouvelle page de leur histoire. Nombreux sont ceux et celles qui en appellent à la méthode Rocard, celle du dialogue et du consensus, pour continuer à construire un avenir commun à toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie.
En 2013, Ben Salama et Thomas Marie, réalisaient Naissance d'une nation, sur l'histoire de la Calédonie. Dans ce nouveau film, ils ont choisi de se concentrer sur la tribu de Saint-Louis, secteur créé au milieu du XIXe siècle par une mission catholique en banlieue de Nouméa, pour accueillir la population kanak.
Ce quartier est régulièrement le théâtre de violences, la route qui le traverse, souvent bloquée. Les réalisateurs évoquent ainsi en introduction la mort du jeune William Décoiré, abattu par un gendarme fin octobre 2016, et pour qui sa famille réclame toujours justice. Malgré le résultat du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui a eu lieu le 4 novembre et qui a vu la victoire du «non» à 56,67%, le réalisateur rêve d'une soirée à Alger pour présenter cette Histoire. Son ami Walles Kotra qui était un très proche de Jean-Marie Tjibaou (décédé en 1989), le grand leader kanak, est prêt à venir en Algérie. Walles Kotra est à l'origine du voyage de Tjibaou à Alger en 1982, pour demander le soutien de l'Algérie, dans le combat de son peuple pour l'indépendance.
Il a fallu qu'un cinéaste algérien s'intéresse à cette histoire. Né en 1951, Ben Salama est arrivé en France à l'âge de 20 ans et a intégré l'Idhec section réalisation en 1973. Jeune critique de cinéma pour le film français, il s'oriente très vite vers le journalisme où il travaille d'abord en indépendant, durant de nombreuses années, avant de rejoindre France 3. Son travail d'auteur est en résonance avec son histoire personnelle, que ce soit l'histoire de ses parents immigrés en France ou la place de l'islam, tel qu'il l'a connu dans les années 60 en Algérie.
Il en tire une série de réflexions et d'ouvrages comme Au Nom de l'islam: Enquête sur une religion instrumentalisée, paru en 2009, et de films comme Une histoire algérienne.
Il a également réalisé ces autres documentaires: Nasser, du rêve au désastre (2016), 1954, la fin d'un monde (2013), en collaboration avec Benjamin Stora, Naissance d'une nation (2013), en collaboration avec Thomas Marie.