La Suède crée un nouvel impôt pour financer l'audiovisuel public

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Alors qu'en Algérie on paye la redevance à partir de l'électricité, la Suède vient de lancer une proposition qui a révolutionné l'audiovisuel en Europe: en effet, la contribution à l'audiovisuel public devient un impôt dont tout citoyen, possesseur de téléviseur (s) ou non, doit s'acquitter.
À partir de l'année 2019, le financement de la télévision publique suédoise va connaître un changement radical. Jusqu'alors, seuls les habitants propriétaires d'un poste de télévision étaient soumis à cet impôt qui est connu comme une redevance. Désormais, tout contribuable y sera automatiquement soumis dans le cadre de l'impôt sur le revenu (IRG). Le mode de calcul permet de ne pas pénaliser les plus précaires, puisque le niveau des ressources est pris en compte: le montant de l'impôt audiovisuel s'élève à 1% du revenu imposable, avec un plafond fixé à 126 euros par an. Ce montant par personne vient remplacer l'impôt forfaitaire qui était, jusqu'alors, fixé à 233 euros par foyer. La Suède rejoint la liste des pays qui, à l'instar de l'Allemagne ou de la Suisse, ont décidé de dissocier la redevance audiovisuelle de la possession d'un poste de télévision. Le Danemark mène une réflexion similaire, en envisageant de supprimer la notion de redevance et d'intégrer le financement de l'audiovisuel public dans le budget global de l'État. L'idée est également à l'étude en France. Au mois d'octobre, Aurore Bergé, porte-parole du groupe Lrem à l'Assemblée, défendait les vertus d'une «universalisation» de la taxe audiovisuelle. De fait, depuis l'arrivée d'Internet, des offres triple-play ou encore des services de replay, la définition d'un appareil récepteur de télévision devient de plus en plus floue; une généralisation tendrait à résoudre ce problème. Contrairement à la Suède, qui a profité de l'occasion pour prendre en compte les ressources du contribuable, l'abandon de la très inégalitaire notion de montant forfaitaire, ne semble cependant pas d'actualité en France. En Algérie, plusieurs réalisateurs et producteurs ont proposé une redevance unitaire pour financer la production audiovisuelle. Mais pour le moment, seule la redevance communément appelée taxe d'habitation, qui comprend un poste télé est pris en compte sur la facture de la Sonelgaz. Cette redevance devient obsolète puisque les nouvelles technologies permettent une connexion très variée et surtout sans poste téléviseur. Il y a une année, la télévision publique algérienne a dû recourir à la redevance télévision pour financer ses programmes de Ramadhan. En effet, la Sonelgaz n'avait pas réglé la télévision publique depuis des années, ce qui a engendré des nombreux retards dans le financement de la production.