Le tapis rose de Canneséries concurrence le tapis rouge de la Croisette

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Canneséries est à la télévision ce que Cannes est au cinéma, le tapis rose de Canneséries concurrence le tapis rouge de la Croisette. Associé au MIP TV, Canne séries ou le Festival des séries, bénéficie de la force de frappe du rendez-vous de l'industrie mondiale de la télévision, avec plus de 400 journalistes accrédités. Les paparazzi et chasseurs d'images seront évidemment là, plus nom breux, dans quelques semaines pour l'incontournable festival de Cannes (4 500 accrédités l'an dernier pour 200 000 spectateurs), la Croisette accueille déjà des curieux pour les séries. Comme le chimérique festival de cinéma, Canneséries a sa montée des marches, ses projections au Palais des festivals, sa compétition officielle, son jury, ses fêtes et sa cérémonie de clôture en clair, sur Canal+. Le tapis n'est pas rouge, mais rose vif, foulé par des vedettes du petit écran et des quidams faisant des selfies. «On a un tapis, une montée des marches, 1 600 personnes dans l'auditorium et la présence de Pierre Lescure», président du festival de Cannes, se félicite ainsi le maire, David Lisnard (LR). A Cannes, un mois avant le grand rendez-vous annuel du 7e art, on célèbre depuis vendredi soir les séries en jouant la carte décontractée. Malgré un dress code décrit comme «creative chic», on sort sa robe de cocktail pour la projection de «Vernon Subutex», avec Romain Duris, présentée en ouverture du festival Canneséries. Les Israéliens sont plus que jamais favorisés par Cannes. Là ou le festival de Cannes se montre assez strict, recommandant le port de tenues de soirée et interdisant les selfies pendant la montée des marches, Canneseries ne s'embarrasse pas de protocole. Sur le tapis, c'est le mélange des genres, avec Roman Duris, très élégant en veste à paillettes, dessinée par Hedi Slimane, côtoyant Philippe Rebbot, également à l'affiche de «Vernon», arborant casquette et chemise hawaïenne. Présidé par l'ancienne ministre de la Culture, Fleur Pellerin, Canneséries s'appuie ouvertement sur les codes cannois, tout en y injectant une touche pop et décalée, à l'image du tapis rose et du palmier fluo en guise de récompense. Si Canneséries (jusqu'au 10 avril) débute, il témoigne, comme son concurrent Séries Mania à Lille, de la force d'attraction des séries, à l'heure où les plateformes de streaming se multiplient. «Les spectateurs veulent suivre des personnages pendant plus de deux heures», estime l'actrice Emma Mackey, révélée dans «Sex Education» et membre du jury. Canneséries a accueilli 20 000 participants l'an dernier.