Terrorisme encore et toujours!

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Le terrorisme, en fait la lutte contre le financement du terrorisme islamiste, était débattu ces derniers jours en Arabie saoudite, à Bruxelles (sommet de l'Otan) et au G7 de Taormina en Italie. Or, il semblait que la question du financement du terrorisme était entendue. Depuis des années, existent des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU pour ce faire, outre les sanctions que les Etats-Unis et l'Union européenne décident contre des entités soutenant ou finançant le terrorisme. A Taormina, les sept pays les plus riches du monde [Etats-Unis, Allemagne, Japon, France, Royaume-Uni, Italie et Canada] ne se sont accordé que sur un seul point: le terrorisme. Et pour cause! De fait, s'il y eut échec du tarissement du financement du terrorisme, c'est avant tout à cause du double jeu des Etats du Golfe et de l'Occident. Ainsi, tout en favorisant (pour des raisons géopolitiques) le fléau, ces pays se disent, officiellement, aux avant-gardes de la lutte contre le phénomène. Il n'est donc pas étonnant que, comme une hydre, la terreur verte renaisse de ses cendres. Bien des pays estiment ses actions positives. N'est-ce pas l'ex-chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui ne «pouvait» pas condamner les exactions du Front al-Nosra (alors branche syrienne d'Al Qaîda) qui «faisait du bon boulot» en Syrie? En fait, ce que Fabius disait tout haut, l'ensemble des pays occidentaux et du Golfe le pensaient tout bas. Que dire de la phénoménale armée de mercenaires et de jihadistes (estimée en 2012 par le Pentagone entre 50.000 et 70.000 personnes) qui a envahi et détruit la Syrie?. En fait, le terrorisme a un père, l'Occident, et une mère, l'Arabie saoudite. En effet, les pays occidentaux et les monarchies du Golfe sont les deux fers de lance qui ont mis en selle le terrorisme islamiste. Il est patent qu'au vu des pays touchés par ledit «printemps arabe» l'objectif était bien la destruction des Etats républicains du Monde arabe. Déjà dans les années 1990, les états-majors politiques occidentaux et monarchiques s'attendaient à la chute imminente de l'Etat algérien et son remplacement par les islamistes. Les Etats-Unis espérant même que l'islamisme en Algérie s'inspirerait du modèle wahhabite. C'est cet islamisme destructeur, dont les méfaits se ressentent en Libye et en Syrie. Mais ce terrorisme n'aurait pu durer sans l'aide multiforme - matérielle, financière, technique - que lui offraient l'Occident et les monarchies. De fait, il est impossible de venir à bout de ce phénomène lorsque ceux qui l'entretiennent sont ceux-là même qui disent le combattre. En réalité, ceux qui sont les mieux placés pour lutter contre ce financement, sont les monarchies elles-mêmes, singulièrement l'Arabie saoudite, qui finance tous azimuts [par Ligue islamiste mondiale interposée] les mouvements jihadistes dans le monde. Or, c'est avec l'Arabie saoudite et le Qatar - deux des sponsors et mentors des jihadistes en Syrie - que le président Trump s'est accordé pour créer un «centre de lutte contre le financement du terrorisme» (Terrorist Financing Targeting Center, regroupant les six monarchies du Golfe et les Etats-Unis). Il fallait le faire. M.Trump l'a fait, qui frappa d'emblée à la bonne porte: celle des financiers du terrorisme islamiste. Le président Trump devrait aussi sans doute s'interroger sur le fait que l'arsenal de sanctions imposées par le département du Trésor états-unien, contre, notamment, Daesh (Etat islamique, dont les Etats-Unis ne sont pas étrangers à son avènement) soit resté sans effet sur le groupe jihadiste. Trump devrait également demander au sénateur républicain, John McCain de lui expliquer sa rencontre en Syrie [en 2011] avec le futur «calife» autoproclamé Abu Babkr al-Baghdadi. Cela outre le fait que les forces spéciales états-uniennes forment en Syrie des rebelles [une rébellion contre un Etat souverain soutenue de l'étranger], qui souvent se mutent en jihadistes. Aussi, la question du terrorisme (islamiste) son financement, son éradication n'est pas aussi simple que l'on veuille le faire croire quand chacun s'évertue à perpétuer sa nuisance qui sert en priorité leur stratégie avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de la disparition des Etats-nations, en particulier dans le Monde arabe. En fait le terrorisme islamiste est une invention états-unienne qui en juillet 1979 - six mois avant l'entrée des troupes soviétiques - envoyèrent en mission clandestine en Afghanistan des agents de la CIA pour assister les opposants au régime communiste de Kaboul. Depuis, ce terrorisme a éminemment servi les intérêts stratégiques des Etats-Unis. Dès lors, la question de son financement ne se pose pas ou ne devrait pas se poser!