Sonelgaz et les mauvais payeurs

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Déformations. Mustapha Guitouni était encore P-DG de Sonelgaz, jeudi dernier. Ce jour-là, il était en visite de travail dans la wilaya de Sidi Bel Abbès. C'est là où il a déclaré que «l'Algérien doit savoir qu'il consomme dix fois plus d'énergie que l'Européen dans son pays...(et) qu'il est temps d'ancrer une culture de consommation rationnelle de l'énergie électrique qui assure une maîtrise de la facture d'électricité à son avantage». Le lendemain, il a été nommé ministre de l'Energie. Que va-t-il faire, maintenant, de cette «culture de consommation rationnelle»? Normalement, il a les coudées plus franches et peut se donner les moyens pour atteindre cet objectif à court terme. Sauf que son successeur à la tête de la Sonelgaz, Merouane Chabane, semble avoir un autre souci à en croire sa déclaration à l'APS, lundi dernier. Celui du recouvrement des créances impayées. Celles-ci sont de l'ordre de 62,5 milliards de dinars (6250 milliards de centimes) à l'échelle nationale dont 1000 milliards de centimes pour la seule capitale. Et qui sont les mauvais payeurs les plus nombreux? Ce sont des administrations publiques pour 70% des créances dans la capitale. Ce taux diminue à 40% au niveau national. Pour deux raisons. La première a trait à la plus grande concentration des administrations dans la capitale. La seconde concerne les dettes de la clientèle privée. De 30% dans la capitale, la moyenne nationale augmente à 46%. Et c'est là où le constat de l'ex-P-DG et actuel ministre de l'Energie trouve toute son explication. Comment veut-on réduire la consommation d'énergie de l'Algérien tant qu'il ne paie pas celle-ci au prix coûtant? Après le premier réajustement des prix qui a eu lieu récemment, il faudra donc continuer sur cette voie pour rattraper le retard qui existe entre le prix facturé qui est minoré par la subvention et le prix coûtant. Mais pour que le consommateur algérien coopère, il va falloir commencer par «mettre au pas» les administrations publiques qui ne paient pas leurs factures. Sans ce signal d'exemplarité, il n'y a aucun effort à attendre du citoyen. Quant à sa nature énergétivore, la solution se trouve chez les fabricants des appareils domestiques qui envahissent nos foyers.
Machines à laver, le linge, la vaisselle, aspirateurs, robots de cuisine et surtout, surtout les climatiseurs. Signe de développement et de prospérité. De plus, la consommation globale ira en augmentant compte tenu de la diversification de l'économie en cours. Reste l'autre solution qui est de faire basculer les consommateurs algériens sur les énergies renouvelables. Un ministère, le premier à être dédié aux énergies renouvelables, a vu le jour dans le dernier gouvernement. Si la bonne formule est trouvée pour inciter les Algériens à se reconvertir au solaire, le problème du recouvrement de la Sonelgaz, ne se posera plus.
Ni celui de la consommation excessive. De l'énergie fossile à l'énergie écolo, place à la saine concurrence. Et à un autre mode de production!