Climat et ambassade US, ces paravents

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Tout çà pour çà? L'annonce faite, jeudi dernier, par le président américain Donald Trump, de se retirer de l'accord sur le climat n'avait rien d'une surprise. Tout le monde connaissait la position de la nouvelle administration américaine sur ce sujet. Ce qui, par contre, devrait attirer le plus l'attention est cette mise en scène millimétrée qui a précédé l'annonce. Au cours de sa dernière visite en Europe, Trump l'a dit et redit, sa décision ne sera annoncée qu'après son retour aux Etats-Unis. Pourquoi un tel suspense? Pour une annonce que tout le monde sait qu'elle ne peut être applicable avant la prochaine élection présidentielle américaine. Et si c'est un président pro climat qui est élu, la décision de Trump n'aura été qu'une parenthèse sans incidence sur le processus adopté, à Paris, par 195 pays. Ceci ne veut pas dire que l'annonce de jeudi dernier n'avait pas d'autres sens. Le même jour en effet, la Maison-Blanche annonçait que le déménagement de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à El Qods est repoussé à «plus tard». Conformément à une loi du Congrès américain de 1995 qui prévoit ce déménagement, une clause dérogatoire existe pour différer de six mois son application et que tous les présidents qui se sont succédé depuis l'ont signée. Donc rien d'extraordinaire de ce côté-là non plus. Dans les deux cas, climat et ambassade, la mayonnaise a été montée à d'autres fins. Tout le monde aura remarqué que pour la première fois, Netanyahu ne s'est pas opposé clairement à Trump dans son intention de relancer le processus de paix. Obama, Kerry ou encore le président Hollande avec sa conférence internationale, n'ont pas eu le même «silence» de Tel-Aviv. Pourquoi? Si, jusqu'à présent, le contenu d'un tel accord n'a pas été dévoilé, il semble toutefois répondre à un préalable qui se met en place. Trump et Netanyahu veulent réussir le pari fou d'attirer des pays musulmans sunnites dans une alliance avec Israël pour combattre ce pays musulman chiite qu'est l'Iran. C'est ce que n'a cessé d'encourager, Donald Trump, au cours de son voyage dans la région. Pour lui, l'Iran est un danger pour toute la planète. C'est lui qui arme les terroristes. C'est lui qui veut se doter de l'arme nucléaire. C'est lui qui veut effacer Israël de la carte. On se rappelle le discours de Netanyahu devant l'AG de l'ONU avec son dessin à la main pour convaincre le monde entier des desseins mortifères de l'Iran. Aujourd'hui, le Premier ministre israélien n'est plus seul. Il a été rejoint par le nouveau président des Etats-Unis qui lui-même est en passe «d'enrôler» les pays arabo-musulmans de la région pour attaquer l'Iran. Des pays musulmans alliés à Israël pour combattre un autre pays musulman, cela peut paraître inimaginable mais n'est plus de l'ordre de l'impossible. Le climat et l'ambassade servent de paravents à un plan autrement plus grave. Sauf sursaut de dernière minute, Israël est sur le point de réussir, l'extraordinaire exploit, de diriger un affrontement entre musulmans. Difficile de croire à un tel scénario. Et pourtant!