La culture, les artistes et le public

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Vocations. L'Algérie maintient sa première place en Afrique du Nord dans le classement du Pnud (organisation onusienne) sur le développement humain. Même léger, le progrès est perceptible d'année en année. Cette année nous avons avancé d'une place (de la 84ème à la 83ème) par rapport au classement de l'année précédente. Nous figurons parmi les cinq premiers pays en Afrique. Pour effectuer son classement annuel, le Pnud se base sur trois indices fondamentaux (l'espérance de vie, la durée moyenne de scolarisation et le revenu national brut par habitant (PNB) dont la moyenne forme l'IDH (indice de développement humain). Pour se faire une idée de ce classement et si notre pays est à la 83ème place, la Mauritanie est à la 157ème place tandis que le Maroc est à la 123ème place et l'Egypte à la 111ème place. Ce classement indique les pays où «il fait le mieux vivre». Incontestablement, l'espérance de vie a «explosé» chez nous comparativement à celle qui prévalait à l'indépendance. On mange mieux, on se soigne mieux, on loge mieux, nous n'avons plus froid, plus chaud, etc. Pour la scolarisation, l'Etat fournit les mêmes efforts. Des milliers d'établissement scolaires et des dizaines d'universités où l'enseignement est gratuit pour tout le monde, riches et pauvres, avec restauration, transport, bourse, livres, le tout gratis. Aucun Algérien n'est laissé sur le bord de la route du savoir. Sur le revenu par habitant, le bond exceptionnel des augmentations de salaires de 2008, restera gravé dans notre histoire. Tout ceci est connu par l'ensemble des Algériens puisqu'ils le vivent. Reste tout de même à passer du «mieux vivre» au «bien-être». Pour cela, il nous faut agir sur notre politique de la culture. Théâtre, musique, cinéma, littérature, etc. De ce côté-là, un signal assez fort est venu de notre président de la République qui a décerné, jeudi dernier, à l'occasion de la Journée nationale de l'artiste, 47 médailles de l'ordre du Mérite national à des intellectuels et artistes dont la moitié à titre posthume. Ce qui pose forcément le problème du renouvellement. Un vrai problème vu l'état des lieux. Où sont nos artistes de la trempe d'un Hassen El Hassani, d'un Hadj Abderrahmane (l'inspecteur Tahar) ou d'un Rouiched pour ne prendre que ces exemples qui nous faisaient rire? Qui a enterré le festival du rire de Bou Ismaïl? Où sont nos musiciens de la trempe de Mustapha Skandrani ce virtuose du piano? Des tentatives (Alhan oua chabab et autres initiatives privées) ont bien eu lieu à travers l'ensemble du pays pour dénicher de nouveaux talents. Même à grands bruits. Mais une fois le rideau baissé c'est le retour à la terre en friche. A la case départ. Quelles leçons devons-nous en tirer? D'abord, intégrer la culture (musique, dessin, théâtre, etc) dans l'education nationale. C'est là que se découvrent les vocations. Ensuite, reconstruire tous les ponts qui relient les étapes de la vie culturelle. De la création. Du coaching. De la distribution. De la promotion. De la valorisation. Du mérite. Nous avons une politique culturelle. Il lui manque juste l'application!