Le chef de Daesh éliminé!?

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Tir au but! Est-ce que cette fois-ci, l'annonce de la mort du «calife» autoproclamé du groupe terroriste EI/Daesh sera la bonne? Il semble que oui au regard du communiqué du ministère russe de la Défense, qui se voulait cependant prudent. La précaution prise par Moscou pour annoncer l'élimination du chef terroriste, la rend plausible et l'avalise en fait. Cela survient au moment où le groupe terroriste Daesh est acculé en Irak (la bataille de Mossoul) et en Syrie (assaut contre Raqqa) alors que ses chefs tentent de se mettre à l'abri se lançant dans une fuite éperdue. Contraint de fuir Mossoul après l'offensive de l'armée irakienne en octobre 2016, «Abu Bakr al-Baghdadi» aurait trouvé probablement refuge à Raqqa son autre «capitale». Or, Raqqa est à son tour l'objet d'une bataille meurtrière pour la libérer de l'emprise de Daesh. Il s'agit en fait de l'ixième annonce de la mort du chef de Daesh. Les Etats-Unis avaient eux aussi cru l'avoir éliminé en novembre 2014, avant qu'il ne reparaisse. Demeure l'interrogation: qu'est-ce qui va changer avec la mort - si mort il y a - du chef dudit «Etat islamique»? Rien en fait! L'apparition en 2014 dudit «Abu Bakr al-Baghdadi» avait un objectif: la division, la mésalliance et la guerre entre les Arabes. La mission de Daesh est, a été, de détruire la cohésion du Monde arabe. Ce qui a été fait! Ceci entre de plain-pied avec les stratégies des Etats-Unis et d'Israël de neutralisation de cette région. Au regard de la situation qui y prévaut, il faut admettre que les sponsors d'«al-Baghdadi» ont misé sur le «bon» cheval. Qu'en en juge: la Syrie est en guerre combattue par d'autres Etats arabes (entre autres le Qatar, l'Arabie saoudite et la Jordanie) par rébellion et jihadisme interposés; l'Irak en guerre aussi est sur le point d'éclater en plusieurs entités; le Yémen également souffre des affres du conflit et est sous le feu d'une coalition arabe menée par l'Arabie saoudite. Cerise sur le gâteau, depuis l'évènement dudit «printemps arabe» et singulièrement l'apparition de Daesh, la question palestinienne a disparu des préoccupations de ladite «communauté internationale». Par ailleurs, la Libye en plein chaos est plongée dans une guerre civile sanglante et l'Egypte en pleine détresse sociale et économique. Ce qui complète le décevant tableau de ce qu'est devenu le Monde arabe en 2017 dont 50% de sa composante est directement ou indirectement en prise avec les violences de la guerre. Enfin, relevons cette anomalie: Daesh qui menace ou commet des attentats partout dans le monde, ne touche pas aux Etats-Unis et encore moins à Israël. Interrogé sur la question palestinienne, ledit «Abu Bakr al-Baghdadi» avait rétorqué «Il n'est écrit nulle part dans le Coran qu'il fallait libérer la Palestine» (autrement dit combattre Israël). En fait, depuis l'apparition du phénomène «Etat islamique» Israël a été tranquille, mettant même ses hôpitaux - en particulier ceux du Golan syrien occupé - à la disposition des rebelles et des jihadistes blessés en Syrie. Or, voici qu'un attentat a été commis à Jérusalem, 24 heures après l'annonce de la mort du chef de Daesh, lors duquel une policière israélienne a été tuée. Qui a revendiqué l'opération? Daesh! Une première! Cela peut faire conjecturer que ledit «Abu Bakr al-Baghdadi» - qui protégeait donc Israël - est bien éliminé. Mais qui est ce personnage qui a défrayé la chronique ces trois dernières années? En fait, un épais mystère entoure le «calife» de Mossoul, «Abu Bakr al-Baghdadi» alias «Ibrahim al-Badri» (Irakien) ou encore l'israélien Shimon Elliot (agent du Mossad). Mais au juste que sait-on de ce personnage? Rien! En réalité, si quelqu'un sait à quoi s'en tenir concernant ledit «Abu Bakr al-Baghdadi» c'est bien le sénateur républicain états-unien, John McCain qui rencontra en Syrie au début de la rébellion (en mai 2011) le dénommé Ibrahim ibn Awad ibn Ibrahim Al Badri Arradoui Al Hoseini, plus connu sous le nom d'Ibrahim al-Badri, supposé né en 1971. Or, selon les services de renseignement iraniens, Ibrahim al-Badri n'est autre que Shimon Elliot (juif irakien), Elliot, devenu «al-Badri», a été pris en charge par les services du Mossad qui le formèrent et lui enseignèrent tout ce qu'il y avait à savoir sur la théologie musulmane. «Abu Bakr al-Baghdadi» a de fait un illustre prédécesseur qui contribua également à mettre le monde arabo-musulman à feu et à sang: Oussama Ben Laden (alias Tim Osman, agent de la CIA). Eliminé ou toujours en vie, le terroriste «Abu Bakr al-Baghdadi» a fait son «boulot» de destruction du Monde arabe. Notons enfin que le «califat» est en fait un vieux projet états-unien et israélien, pour diviser le Monde arabe en entités tribales, confessionnelles et ethniques. C'est le travail confié à Daesh et à «Abu Bakr al-Baghdadi». Le résultat est là. Ainsi, la boucle est bouclée.