Le commerce extérieur et ses exigences

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Maîtrise. La réduction, tant souhaitée, de nos importations ainsi que le développement de nos exportations hors hydrocarbures, souffrent d'une même absence de données essentielles. Le gouvernement reconnaît cette carence. A commencer par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui, dans son discours à l'université d'été du FCE, a sollicité l'aide des organisations patronales pour «bien connaître la production nationale pour savoir avec exactitude les domaines dans lesquels elle couvre la demande locale». Il a également sollicité leur participation «à l'établissement d'une carte économique du pays, wilaya par wilaya afin d'identifier les opportunités d'investissements qui existent ainsi que les créneaux réellement saturés». La demande du gouvernement est pressante vu la conjoncture financière du pays et la nécessité de réduire d'une part l'enveloppe des importations et d'autre part pour augmenter nos recettes par l'exportation. Agir sur quels produits importés et sur quels produits susceptibles d'être exportés? C'est l'équation à laquelle le gouvernement est confronté. D'autant que le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, a, au cours du même forum, déclaré que «le gouvernement propose de mettre en oeuvre des mesures de sauvegarde volontaristes destinées à orienter les importations à une tendance baissière permettant de passer d'une facture globale d'importation de 40 à 41 milliards de dollars en 2017 à 30 milliards de dollars en 2018». Oui, mais comment faire sans connaître, avec exactitude, «les domaines où la production nationale couvre nos besoins» comme l'a exposé le Premier ministre? Comment faire également pour autoriser tel ou tel produit à l'exportation sans prendre le risque de «déshabiller» le marché national? Le seul secteur qui peut se passer d'un tel recensement est celui de l'automobile. «Les licences d'importations de véhicules ne seront pas délivrées en 2017» a répondu, catégorique, Benmeradi à la question du journaliste de l'APS. Catégorique car cela ne privera pas le marché national de véhicules neufs. Les trois usines installées en Algérie des constructeurs que sont Renault, Huyndaï et Wolksvaguen, mettront, sur le marché national, 100 000 véhicules cette année. C'est à quelques unités près, la quantité qui a été importée en 2016. Il suffit que ces marques respectent leur montée en cadence pour que l'importation de véhicules cesse. Pour les autres produits, ce ne sera pas aussi facile. Comme l'électroménager, l'ameublement, voire même les légumes secs et beaucoup d'autres produits. Le même schéma s'impose pour les exportations. Il est indispensable de couvrir d'abord la demande nationale (le cas de la pomme de terre par exemple), sans recourir à l'importation des semences tout en augmentant les capacités de stockage et de transformation avant d'encourager les exportations. Dans tous les cas de figure, le commerce extérieur doit être bien pensé. Bien encadré. Le tout sur la base de données précises. Indispensables au gouvernement dans son rôle de régulateur. Au bénéfice des consommateurs, mais aussi de celui des opérateurs C'est pourquoi la participation des organisations patronales est requise!